Cameroun poursuit sa progression dans la lutte contre le VIH/sida. Les résultats de la deuxième enquête CAMPHIA 2024/2025, dévoilés par le ministère de la Santé publique, révèlent une baisse sensible des nouvelles infections et de la prévalence du virus au sein de la population âgée de 15 à 49 ans. Des indicateurs encourageants qui témoignent des progrès réalisés, même si des défis majeurs subsistent.
Selon les données de l’enquête, l’incidence annuelle du VIH est passée de 0,24 % en 2017 à 0,15 % en 2024/2025. Cette évolution correspond à près de 21 000 nouvelles infections enregistrées chaque année. Dans le même temps, la prévalence nationale recule de 3,4 % à 2,6 %, soit environ 503 000 adultes vivant avec le VIH.

Ces résultats traduisent l’impact des politiques de prévention, de l’élargissement du dépistage et de l’accès aux traitements antirétroviraux. Pour les autorités sanitaires, ils confirment que les stratégies mises en œuvre ces dernières années commencent à produire des effets mesurables.
Cependant, l’enquête met en lumière une réalité plus contrastée. Les femmes restent les principales victimes de l’épidémie. Leur taux de nouvelles infections est quatre fois supérieur à celui des hommes, et elles représentent près de 75 % des nouvelles contaminations. Une situation qui reflète des inégalités persistantes en matière d’accès aux soins, de vulnérabilité sociale et d’autonomisation.
Les jeunes apparaissent également comme un maillon fragile de la riposte. Chez les adolescentes et les jeunes femmes de 15 à 24 ans, ainsi que chez les hommes de 25 à 34 ans, les taux de suppression virale demeurent nettement inférieurs à ceux observés chez les personnes plus âgées. Ce constat souligne les difficultés liées au suivi des traitements, à la stigmatisation et à l’accès à des services de santé adaptés.

Sur le plan géographique, l’épidémie reste inégalement répartie. Si les régions septentrionales affichent les niveaux de prévalence les plus faibles, la région du Centre, hors Yaoundé, demeure la plus affectée. Ces écarts rappellent la nécessité de renforcer les interventions dans les zones les plus exposées.
Face à ces défis, le gouvernement entend intensifier le dépistage communautaire et concentrer davantage les efforts sur les femmes, les adolescents et les jeunes. Les autorités appellent également à une mobilisation accrue des ressources nationales et des partenaires afin de consolider les acquis et maintenir le cap vers l’objectif d’élimination du sida comme menace de santé publique à l’horizon 2030.
Si les résultats de CAMPHIA 2024/2025 confirment que le Cameroun avance dans la lutte contre le VIH, ils rappellent aussi que la victoire dépendra de la capacité des acteurs à réduire les inégalités qui continuent d’alimenter l’épidémie.
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