octobre 27, 2026

Réunis à Yaoundé du 26 au 28 octobre 2026, des représentants des organisations de personnes handicapées et des administrations publiques sont formés pour promouvoir un accès équitable aux services sociaux de base. Une initiative qui ambitionne de transformer les pratiques dans les dix régions du Cameroun.

 

L’inclusion des personnes handicapées franchit une nouvelle étape au Cameroun. À travers une session de formation organisée à Yaoundé, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), en partenariat avec le ministère des Affaires sociales (MINAS), entend renforcer les capacités des acteurs chargés de garantir les droits des personnes handicapées, en particulier les enfants et les femmes.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme régional « Construire la Résilience au Sahel », financé par la Coopération allemande et mis en œuvre par l’UNICEF. L’ambition est de faire de l’inclusion une réalité quotidienne dans les établissements scolaires, les structures sanitaires, les administrations publiques et les collectivités territoriales décentralisées.

Au-delà des principes, il s’agit de donner aux acteurs de terrain les outils nécessaires pour identifier les obstacles auxquels les personnes handicapées sont confrontées et mettre en place des réponses adaptées à leurs besoins.

Le MINAS appelle à un engagement véritable

Pour Madame Ndengho Maurine, directrice de la Protection sociale des personnes handicapées et des personnes âgées au MINAS, cette initiative s’inscrit dans la politique d’inclusion sociale portée par le président de la République, Paul Biya, qui place l’être humain au centre du processus de développement.

Elle a salué l’accompagnement de l’UNICEF, partenaire du gouvernement dans la promotion des droits des personnes handicapées, notamment ceux des enfants.

La responsable du MINAS a également invité les participants à mesurer la responsabilité qui leur incombe. Appelés à devenir des formateurs, ils devront assimiler les connaissances transmises afin de les restituer efficacement auprès d’autres acteurs dans leurs régions et leurs communes respectives.

L’enjeu est donc de constituer un réseau de personnes capables de diffuser les bonnes pratiques et de contribuer à une meilleure prise en compte du handicap dans les politiques et les services publics.

Pour l’UNICEF, chaque décision compte

Du côté de l’UNICEF, l’accent est mis sur la responsabilité des professionnels en contact direct avec les populations.

La représentante de l’UNICEF au Cameroun, Nadine Perrault, souligne que les décisions prises par les prestataires de services peuvent favoriser l’inclusion ou, au contraire, accentuer l’exclusion des personnes handicapées.

Elle rappelle ainsi que l’accès aux services de santé, à l’éducation, à l’enregistrement des naissances et aux mécanismes de protection doit être garanti sans discrimination.

Représentante UNICEF Cameroun

C’est pourquoi le programme cible les acteurs de première ligne, tout en associant étroitement les organisations de personnes handicapées. Pour l’UNICEF, l’expérience des personnes directement concernées constitue un levier essentiel pour mieux comprendre les difficultés rencontrées et élaborer des solutions pertinentes.

La représentante de l’organisation onusienne insiste également sur la nécessité d’une formation en cascade, permettant aux participants de transmettre progressivement leurs acquis aux professionnels et aux communautés.

L’objectif est clair : éviter qu’un enfant soit privé de ses droits ou laissé à l’écart en raison de son handicap.

49 participants pour impulser une nouvelle dynamique

La session de Yaoundé rassemble 49 personnes, dont 36 participants et 13 membres de l’équipe d’appui. Parmi les participants figurent quatre formateurs préalablement préparés lors d’une rencontre organisée à N’Djamena, au Tchad, en juillet 2026, ainsi que 24 représentants d’organisations de personnes handicapées issus des dix régions du Cameroun.

Ces derniers comprennent 13 femmes et 11 hommes. Huit représentants de sept départements ministériels prennent également part aux travaux, notamment dans les domaines des Affaires sociales, de la Santé, de l’Éducation, de la Promotion de la femme et de la Décentralisation.

Pendant trois jours, les participants approfondissent leurs connaissances sur les droits fondamentaux, les discriminations liées au handicap, l’accessibilité des services et les mécanismes permettant de mieux orienter les personnes vers les structures appropriées.

Des exercices pratiques et des travaux de groupe leur permettent également de préparer et d’animer des séquences de formation, en vue de renforcer leurs capacités de transmission.

Des dispositions spécifiques, notamment la présence de trois interprètes en langue des signes et de neuf accompagnateurs, sont prévues pour faciliter la participation de tous.

Des régions aux communes, la formation se poursuit

La particularité de cette initiative réside dans son déploiement progressif au-delà de Yaoundé. Après la session nationale, des formations régionales et communales sont annoncées à partir de novembre 2026, selon les priorités définies dans les pays concernés.

Dans les régions, les travaux devront favoriser la collaboration entre les organisations de personnes handicapées et les services publics intervenant dans la santé, l’éducation, l’action sociale et la protection.

À l’échelle communale, les maires, les agents municipaux, les enseignants, les personnels de santé, les travailleurs sociaux et les relais communautaires seront notamment concernés.

Ils seront outillés pour identifier les barrières physiques, les préjugés et les difficultés de communication qui limitent la participation des personnes handicapées à la vie sociale. Ils devront également contribuer à améliorer leur orientation vers les services adaptés.

Chaque formateur devra s’engager à organiser au moins une session régionale ou communale dans les six mois suivant la formation. Cette démarche vise à assurer une diffusion durable des connaissances et à rapprocher les principes d’inclusion des réalités vécues par les populations.

« Rien sur nous sans nous », un principe au cœur de la démarche

Au centre de cette initiative figure le principe « Rien sur nous sans nous », qui consacre la participation des personnes handicapées aux décisions qui les concernent.

L’implication de leurs organisations doit permettre de mieux cerner les besoins, de proposer des solutions adaptées et de veiller à ce que les politiques publiques répondent effectivement aux attentes des bénéficiaires.

Pour les enfants et les femmes handicapés, souvent confrontés à des obstacles supplémentaires, cette approche représente un enjeu majeur en matière de protection, d’éducation, de santé et de participation à la vie communautaire.

Au terme de la session, les organisateurs attendent un groupe élargi de formateurs, des supports pédagogiques adaptés au contexte camerounais et un calendrier opérationnel pour la poursuite des activités.

Le véritable défi reste désormais la mise en pratique des connaissances acquises. Car au-delà des formations, l’efficacité de cette initiative se mesurera à l’amélioration concrète de l’accueil dans les services publics, à la réduction des discriminations et à la participation effective des personnes handicapées au développement de leurs communautés.

À travers cette démarche, l’UNICEF et le MINAS entendent contribuer à bâtir une société plus inclusive, dans laquelle le handicap ne constitue plus un obstacle à l’accès aux droits et aux opportunités.

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