À Yaoundé, l’émotion et l’ambition se sont mêlées le 13 mai 2026 lors de la cérémonie de clôture des deux premières cohortes du programme de mentorat « Ma Cota ». Portée par l’UNICEF et le gouvernement camerounais, l’initiative confirme une volonté croissante de faire du leadership féminin un véritable levier de transformation sociale.
Sous le slogan « Une fille mentorée, plusieurs inspirées », 81 jeunes filles et leurs 81 mentors ont célébré l’aboutissement de six mois d’accompagnement intensif.
Mais au-delà des discours officiels, l’événement a surtout mis en lumière une réalité souvent exprimée par les adolescentes camerounaises : le manque d’espaces d’écoute, de modèles accessibles et d’opportunités pour participer pleinement à la vie publique.

Conçu comme un pont entre générations, « Ma Cota » a rapproché les mentorées de femmes influentes issues de plusieurs secteurs : administration, santé, entrepreneuriat et secteur privé.

Pour Nadine Perrault, représentante de l’UNICEF au Cameroun, l’objectif était clair : montrer aux jeunes filles que le succès n’est pas réservé à une élite, mais qu’il peut se construire grâce à l’audace, au travail et à l’accompagnement.
Les résultats présentés lors de la cérémonie traduisent l’impact concret du programme. Selon les données communiquées, 85 % des mentorées ont évalué positivement leur expérience, tandis que 87 % des mentors ont salué l’implication des participantes. Plus significatif encore, 71 % des binômes ont atteint la majorité des objectifs fixés au début du programme, preuve que le mentorat a dépassé le cadre symbolique pour produire des effets mesurables.

Le projet a également révélé une dynamique inattendue d’apprentissage mutuel. Certaines mentors, peu familières avec les outils numériques utilisés pour le suivi des activités, ont bénéficié de l’appui technique de leurs jeunes mentorées. Une inversion des rôles qui a transformé la relation classique de transmission en véritable échange intergénérationnel.

Présente à la cérémonie, Pauline Irène Nguene a insisté sur la nécessité de considérer les jeunes comme des acteurs du changement et non comme de simples bénéficiaires de politiques publiques. Elle a salué la création d’un environnement de confiance permettant aux participantes de renforcer leur estime personnelle et leur capacité d’initiative.
Même engagement du côté du MINPROFF.
La ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa a annoncé la volonté d’institutionnaliser « Ma Cota » afin d’étendre le programme à l’ensemble du territoire national. Une perspective qui pourrait permettre aux jeunes filles des zones rurales d’accéder elles aussi à des réseaux de mentorat de haut niveau.

À travers cette initiative, le Cameroun semble vouloir transformer l’autonomisation des filles en stratégie durable de développement. Et pour les participantes de « Ma Cota », le mentorat apparaît désormais non seulement comme une source d’inspiration, mais aussi comme un outil concret pour ouvrir la voie à une nouvelle génération de leaders.
![]()
