Yaoundé, 10 juillet 2026 – Le Mouvement citoyen « Boycott Canal+ », porté par le Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun, a donné le ton ce vendredi au cours d’une conférence de presse. Face à ce qu’il qualifie de dysfonctionnements persistants dans le secteur de la télévision payante, le collectif a accordé un délai de quinze jours aux autorités camerounaises et à Canal+ pour répondre à ses revendications.
Autour de Kaldjob Simon, président du Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun, plusieurs défenseurs des droits des consommateurs et représentants des médias ont présenté les principales préoccupations des abonnés. Ils ont également annoncé le dépôt de 21 mémorandums auprès des institutions compétentes, tout en affirmant que la représentation régionale de Canal+ a refusé d’en accuser réception.
Le collectif dénonce notamment le coût élevé des abonnements Canal+, jugé disproportionné par rapport au pouvoir d’achat des ménages camerounais, des modifications tarifaires insuffisamment expliquées, la coupure des chaînes nationales à l’expiration des abonnements, les interruptions fréquentes du service, ainsi qu’un rapport qualité-prix considéré comme insatisfaisant. Les consommateurs regrettent également l’absence d’un bouquet national gratuit, le manque de transparence sur les conventions liant les opérateurs aux chaînes nationales et les nombreuses interrogations entourant la mise en œuvre du projet de Télévision Numérique Terrestre (TNT).

Parmi ses principales revendications, le mouvement exige que toutes les chaînes de télévision camerounaises restent accessibles gratuitement, même après l’expiration d’un abonnement. Le collectif estime que ces chaînes remplissent une mission de service public et que leur accès ne devrait pas être conditionné au paiement d’un abonnement commercial. Il demande ainsi la révision des conventions entre l’État et les opérateurs de télévision payante afin d’imposer le maintien en clair des chaînes nationales telles que la CRTV, STV, Canal 2 International, Vision 4, Equinoxe TV et les autres chaînes légalement autorisées.
Au-delà de cette revendication, le collectif interpelle les pouvoirs publics sur la gouvernance du secteur audiovisuel. Il sollicite du président de la République l’organisation d’une concertation nationale sur l’avenir de la télévision payante et de la TNT, ainsi qu’une évaluation complète du projet national de Télévision Numérique Terrestre. Le Premier ministre est invité à mettre en place un comité interministériel chargé d’examiner les revendications des consommateurs et à renforcer le cadre réglementaire protégeant les abonnés.
Le ministre de la Communication est, quant à lui, appelé à réviser les conventions conclues avec les opérateurs, à garantir la diffusion permanente des chaînes nationales et à renforcer le contrôle du respect des obligations imposées aux diffuseurs. Les ministères des Postes et Télécommunications ainsi que des Finances sont également sollicités pour améliorer la qualité technique des services, publier les financements engagés dans le projet TNT et diligenter un audit de sa gestion. Le Conseil national de la Communication et la Commission nationale anti-corruption (CONAC) sont, de leur côté, invités à renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence, notamment à travers une enquête sur la gestion du projet national de la TNT.
Le mouvement fixe au 28 juillet 2026 la date limite pour obtenir des réponses qu’il juge satisfaisantes. À défaut, il annonce une série d’actions citoyennes qu’il qualifie de pacifiques et conformes à la législation en vigueur. Un sit-in est notamment prévu devant le ministère de la Communication et le siège de Canal+, accompagné d’un dépôt symbolique de paraboles et de décodeurs. Des marches pacifiques et silencieuses devraient également être organisées dans plusieurs villes du pays.
À travers cette mobilisation, le Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun affirme vouloir défendre les droits des abonnés, améliorer l’accès des populations à l’information nationale et promouvoir une gouvernance plus transparente du secteur audiovi
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