Un atelier s’est tenu du 25 au 27 novembre 2025, organisé par la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) en collaboration avec le Haut Commissariat des Réfugiés (HCR). L’objectif principal était de renforcer les capacités des membres du personnel administratif camerounais et des acteurs non étatiques pour promouvoir la protection des droits des personnes déplacées.
Contexte des déplacements forcés
Les phénomènes d’exode forcé augmentent dans le monde, avec 117,3 millions de personnes déplacées en décembre 2023, comparé à 108,37 millions en 2022. Cette crise touche particulièrement l’Afrique, où, selon le Centre d’Études Stratégiques pour l’Afrique (CESA), 14 des 15 pays avec le plus grand nombre de personnes déplacées sont en conflit.
Au Cameroun, les régions de l’Extrême-Nord et du Sud-Ouest connaissent une hausse des déplacements, due à des événements climatiques tels que des inondations. Les chiffres montrent qu’en janvier 2024, 2 222 702 personnes étaient déplacées, dont 478 469 réfugiés. En mai 2025, ce nombre est tombé à 2 099 730, grâce aux efforts conjoints des acteurs étatiques et non étatiques.
Objectifs du Mémorandum d’entente (MoU)

Signé le 13 septembre 2023, le MoU entre la CDHC et le HCR vise à mettre en œuvre des instruments de protection pour les personnes déplacées et les apatrides, et à assurer le suivi des engagements du Cameroun sur la question de l’apatridie.
Objectifs de l’ateliet
L’atelier a rassemblé plus de 60 participants, dont le Vice-président de la CDHC, le Dr Galaga Gana Raphaël, et des représentants du HCR.
Objectifs visés, Renforcement des capacités des membres des administrations camerounaises et d’autres acteurs en contact avec les personnes déplacées, Former des fonctionnaires de police et de gendarmerie sur l’assistance humanitaire et le respect du cadre normatif en matière de droits humains, Contribuer à la formation des magistrats pour garantir un traitement équitable des réfugiés en conflit avec la loi; Vulgariser du cadre juridique de la promotion et de la protection des droits des personnes déplacées et des apatrides.
; Partager les expériences et des meilleures pratiques pour relever les défis identifiés entre autres.
Cette initiative marque une étape essentielle dans la stratégie du Cameroun pour améliorer la protection des droits des personnes déplacées. Elle souligne l’importance de la collaboration entre les institutions étatiques et les acteurs non étatiques pour mieux traiter cette problématique croissante.
Les Recommandations

Les recommandations à l’issue de cet atelier visent à renforcer de manière intégrée la protection,l’autonomisation et l’inclusion des réfugiés,apatrides et personnes déplacées internes au Cameroun. Elles découlent des principaux défis observés dans les domaines de la cohésion sociale, de l’accès aux services, de la gouvernance, du cadre juridique et des solutions durables.
Elles s’organisent autour de six domaines clés : Sensibiliser sur cohésion sociale et prévention des conflits ,Renforcer la sensibilisation des populations, des acteurs de protection et des communautés hôtes sur les droits, devoirs et capacités des réfugiés, apatrides et PDI
Promouvoir la cohésion sociale et le vivre-ensemble, notamment par la mise en place de plateformes d’échanges et d’activités communautaires.
Prévenir les conflits en créant des mécanismes locaux de médiation et de dialogue. Renforcement des capacités et amélioration des services;Former continuellement les acteurs publics et privés impliqués dans la protection (administrations, forces de sécurité, ONG, CDHC, MINPROFF);Renforcer les capacités des centres d’accueil et services sociaux (ressources humaines, logistique, procédures).
Appuyer l’autonomisation des réfugiés et PDI à travers des formations et un soutien aux AGR.
Digitalisation et réforme de l’état civil
Digitaliser les centres d’état civil et moderniser les systèmes de gestion des données;Finaliser l’informatisation complète de l’enregistrement des faits d’état civil avec le BUNEC;Vulgariser la loi de 2024 sur l’état civil auprès des acteurs concernés Gouvernance, coordination et plaidoyer
Relancer la coordination nationale humanitaire et améliorer le partage de données entre acteurs étatiques et partenaires.Identifier et cartographier les sites accueillant les PDI, réaliser des études de profilage;Mener des plaidoyers pour : l’augmentation du budget d’assistance judiciaire ; la création d’une ligne budgétaire au MINPROFF pour l’assistance aux femmes déplacées victimes de VBG ; l’intégration de la CDHC dans la commission d’attribution d’assistance judiciaire ; la reprise des visites du HCR dans les prisons pour actualiser les statistiques;Autonomisation socio-économique et infrastructures
Faciliter l’accès sécurisé des réfugiés et PDI aux terres arables.
Intégrer leurs besoins dans les planifications des ministères et collectivités.
Construire ou réhabiliter les services sociaux de base dans les zones d’accueil…
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