octobre 11, 2026

YAOUNDÉ — Le Cameroun entend désormais mieux organiser la mobilité de sa main-d’œuvre et faire de ses compétences à l’étranger un levier de développement. C’est l’un des principaux enjeux du Dialogue stratégique national sur la gouvernance de la migration de main-d’œuvre, ouvert ce 28 septembre 2026 à Yaoundé sous la conduite du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona.

 

 

L’objectif affiché est de passer d’une approche centrée sur le départ des travailleurs à une véritable politique de mobilité professionnelle. Dans un contexte international marqué par des besoins importants en main-d’œuvre dans plusieurs pays, les autorités camerounaises souhaitent mieux anticiper les départs, sécuriser les parcours professionnels et tirer davantage profit des compétences et des revenus générés par la diaspora.

De la fuite des cerveaux au « gain de cerveaux »

Le changement d’approche repose sur une idée centrale : la migration professionnelle peut constituer un atout lorsqu’elle est organisée, encadrée et accompagnée. Le Cameroun cherche ainsi à mieux identifier les compétences disponibles, à anticiper les besoins des marchés étrangers et à préparer ses travailleurs aux opportunités internationales.

Cette orientation rejoint les principes défendus par l’OIT et l’OIM en faveur d’une migration de travail sûre, régulière, ordonnée et respectueuse des droits des travailleurs. Le programme conjoint UA-OIT-OIM-CEA souligne notamment l’importance de disposer de données fiables sur les migrations de travail, de faciliter la reconnaissance des qualifications et de mieux répondre aux pénuries de compétences. (⁠International Labour Organization)

Un observatoire pour mieux connaître les compétences

Parmi les propositions mises en avant figure la création d’un Observatoire du capital humain et de la mobilité des compétences. Cette structure devrait notamment permettre de recenser les compétences disponibles, d’identifier les métiers susceptibles de répondre aux besoins des marchés internationaux et d’améliorer la connaissance des flux de travailleurs camerounais.

L’ambition est également de renforcer la négociation avec les pays recruteurs afin que les départs de travailleurs camerounais puissent s’inscrire dans des cadres formels, avec des mécanismes de protection et des contreparties clairement définies.

La question de l’encadrement des intermédiaires et des agences de recrutement occupe également une place importante dans cette réflexion. L’enjeu est de réduire les risques liés aux circuits informels et de favoriser des voies de migration professionnelle plus sûres.

Une mobilisation de plusieurs ministères

La mise en œuvre d’une telle stratégie suppose une coordination entre plusieurs administrations. La formation professionnelle, la reconnaissance des qualifications, la diplomatie, la mobilisation de la jeunesse et le suivi des transferts de fonds constituent autant de domaines appelés à être articulés.

Cette volonté de structurer la mobilité des compétences s’inscrit dans une dynamique plus large. Au Cameroun, l’OIM accompagne déjà les pouvoirs publics sur plusieurs volets de la gouvernance migratoire, notamment la réintégration des migrants de retour et la mobilisation de la diaspora. (⁠Impactpool)

À travers ce dialogue stratégique, le gouvernement entend donc poser les bases d’une nouvelle approche : faire de la mobilité professionnelle non plus seulement un phénomène à encadrer, mais également un instrument de valorisation du capital humain camerounais et de contribution au développement national.

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