La salle de conférence de l’UNICEF à Yaoundé a accueilli, ce mardi, une table ronde de haut niveau à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Placée sous le thème « Agir pour l’humanité », cette rencontre a réuni les principaux acteurs humanitaires intervenant au Cameroun afin de réfléchir aux défis actuels et aux perspectives d’une transition vers une réponse plus durable et mieux coordonnée.
Un cadre de dialogue multi-acteurs
Autour de la table, se sont retrouvés les agences des Nations Unies, les ONG nationales et internationales, les organisations de la société civile, les autorités publiques, les partenaires techniques et financiers, les médias ainsi que des représentants de la jeunesse. L’objectif était de favoriser un espace d’échanges sur les difficultés rencontrées par les populations affectées par les crises prolongées et sur les solutions à renforcer.

Dans son discours d’ouverture, le Coordonnateur résident des Nations Unies et Coordonnateur de l’aide humanitaire au Cameroun, Issa Sanogo, a rappelé la portée symbolique de cette journée.
> « Cette journée est avant tout un moment de mémoire, de reconnaissance et de responsabilité collective. Elle nous invite à rendre hommage à celles et ceux qui, souvent dans des conditions extrêmement difficiles, apportent assistance et protection aux populations touchées par les crises », a-t-il déclaré, saluant l’engagement des acteurs humanitaires présents.

L’État salue la synergie d’action
Représentant le gouvernement camerounais, Mme Ndzie Ntsama, Directrice de la protection civile au ministère de l’Administration territoriale (MINAT), a salué la tenue de cette rencontre. Elle a souligné qu’elle permet de renforcer la synergie entre les différents intervenants afin d’apporter une assistance plus efficace aux personnes en situation de vulnérabilité.
La transition humanitaire au cœur des débats
Les échanges ont largement porté sur la nécessité d’accompagner la transition humanitaire, avec un accent particulier sur l’inclusion de tous les acteurs, notamment les structures locales et les jeunes.
Des experts issus de différentes organisations ont présenté leurs approches opérationnelles, mettant en avant l’importance de la participation communautaire. La représentante résidente de l’UNICEF, Nadine Perrault, a notamment insisté sur le rôle central des jeunes dans la construction de réponses durables et adaptées aux réalités du terrain.

Les discussions ont également abordé des thématiques essentielles telles que l’accès humanitaire, la protection des populations vulnérables et les défis opérationnels rencontrés par les acteurs sur le terrain.
Une situation humanitaire préoccupante
Selon les données présentées par le Coordonnateur humanitaire, près de 2,9 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire au Cameroun. Il s’agit notamment de femmes, d’enfants, de personnes âgées, de personnes vivant avec un handicap, de déplacés internes, de réfugiés et de communautés hôtes.

Issa Sanogo a également alerté sur le faible niveau de financement du plan de réponse humanitaire. À ce jour, seulement 26 % des besoins sont couverts, alors que des secteurs essentiels comme l’eau, la santé, l’éducation, l’alimentation et la nutrition restent fortement sous-financés.
Il a en outre évoqué la persistance de l’épidémie de choléra dans la région de l’Extrême-Nord, qui aggrave davantage la vulnérabilité des populations déjà affectées par les crises.
Vers une réponse plus coordonnée et inclusive
Au terme des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les acteurs humanitaires, les autorités publiques, les partenaires au développement, les médias et les communautés locales.

Tous ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une action humanitaire plus efficace, fondée sur la solidarité, la collaboration et le principe de ne laisser personne de côté.
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