L’Association des Élus en France d’origine ou de nationalité camerounaise (EFRACAM) traverse une période de tensions internes, alors que ses responsables mettent en avant les résultats des premières Assises organisées au Cameroun sous le Haut Patronage du Président de la République, Paul Biya.

Les premières Assises de l’EFRACAM, organisées en juillet dernier au Cameroun, avaient pour ambition de renforcer les relations entre les élus de la diaspora camerounaise en France et les collectivités territoriales décentralisées. Placée sous le Haut Patronage du Chef de l’État, cette initiative a donné lieu à plusieurs rencontres et échanges autour des enjeux du développement local, de la coopération décentralisée et de l’investissement productif.
Au terme de cette séquence, l’équipe conduite par le président Pierre De Gaétan Njikam revendique un bilan positif. Ses responsables soulignent notamment les différentes étapes de la caravane institutionnelle, d’Elig-Mfomo à Douala et Kribi, ainsi que les perspectives ouvertes avec plusieurs acteurs institutionnels et économiques.
À Elig-Mfomo, l’accent mis sur le développement local
À Elig-Mfomo, les échanges ont notamment porté sur les difficultés auxquelles sont confrontées les collectivités locales : faibles capacités financières, insuffisance des données statistiques, difficultés d’élaboration des projets et poids important de l’économie informelle.
Les participants ont également évoqué la nécessité de privilégier des projets capables de créer de la valeur localement et de favoriser l’emploi. La transformation du cacao et du manioc, notamment, figure parmi les pistes présentées dans cette perspective.
La mission a également été marquée par la remise de matériel médical à l’hôpital de district d’Elig-Mfomo. Fauteuils roulants, déambulateurs, cannes et consommables ont ainsi été remis à la structure sanitaire, illustrant, selon les organisateurs, la volonté de donner une dimension concrète aux actions de la diaspora.

Des perspectives dans le domaine portuaire
Les Assises ont également permis d’aborder les perspectives de coopération entre collectivités et acteurs économiques français et camerounais.
Le renouvellement du partenariat entre le Port de Douala et le Port de Bordeaux, ainsi que les perspectives de coopération entre le Port de Bordeaux et le Port autonome de Kribi, sont notamment présentés par les responsables de l’EFRACAM comme des prolongements possibles des échanges engagés lors de cette mission.
Ces perspectives devront toutefois se traduire par des accords et des projets concrets avant de pouvoir être évaluées dans leurs effets économiques et territoriaux.
Un contentieux interne qui se poursuit en France
Parallèlement à ces activités, l’EFRACAM est confrontée à un différend interne portant notamment sur la gouvernance de l’association et la légitimité de certaines initiatives prises par des membres ou anciens responsables.
Une contestation portée notamment par Georges Kibong A Mira oppose ses promoteurs à l’équipe dirigée par Pierre De Gaétan Njikam. Les protagonistes s’appuient sur des interprétations différentes des statuts et du règlement intérieur de l’association.
Plusieurs démarches administratives auraient également été entreprises en France concernant la représentation et le siège de l’association. Le différend doit désormais être examiné sur le terrain judiciaire, une procédure en référé ayant été engagée à Paris par Pierre De Gaétan Njikam.

Dans ce contexte, les différentes parties devront pouvoir faire valoir leurs arguments devant les instances compétentes. Les éventuelles contestations sur la validité des actes, la gouvernance ou la représentation de l’association relèvent en définitive de l’application des statuts et du droit applicable.
Au-delà de la querelle, les enjeux de fond
Au-delà du contentieux institutionnel, l’expérience des premières Assises pose une question plus large : comment transformer le potentiel de la diaspora camerounaise en investissements durables au bénéfice des territoires ?
La réponse passe notamment par la structuration des projets, l’amélioration de l’ingénierie locale, la coopération entre collectivités et la mobilisation de partenaires publics et privés.

Pour l’EFRACAM, la séquence de juillet constitue ainsi une première étape. Les résultats annoncés à Elig-Mfomo, Douala et Kribi, comme les perspectives de coopération avec des partenaires français, devront désormais être consolidés par des réalisations mesurables.
Entre les tensions qui traversent l’association en France et les ambitions affichées sur le terrain camerounais, l’avenir de l’EFRACAM dépendra donc autant de la clarification de sa gouvernance que de sa capacité à transformer ses initiatives en projets durables au service des collectivités et des populations.
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