Du 4 au 6 juin à Yaoundé, la deuxième édition du Festival des Sonorités de la Forêt promet une immersion totale dans l’univers culturel des peuples autochtones des forêts camerounaises. Entre rythmes ancestraux, gastronomie traditionnelle, plaidoyer écologique et rencontres interculturelles, l’événement veut reconnecter les jeunes générations à leurs racines.
Après une première édition saluée pour son originalité et sa portée culturelle, le Festival des Sonorités de la Forêt revient à Yaoundé avec une ambition encore plus grande.Pensé comme une vitrine des valeurs culturelles des peuples de la forêt profonde, cet événement entend rapprocher les citadins d’un patrimoine ancestral souvent méconnu.
Selon le promoteur monsieur Claudel KAMPOER, il repose sur une volonté forte : transposer en ville l’univers authentique des peuples forestiers du Centre, du Sud et de l’Est du Cameroun. « Nous voulons recréer cet espace où l’homme vit en harmonie avec la nature, avec les sons, les rythmes et les symboles de la forêt », explique t-il

Au-delà du simple divertissement, le festival poursuit un objectif de sauvegarde culturelle. Face à une jeunesse de plus en plus attirée par les cultures étrangères, le promoteur veux réhabiliter les rythmes du terroir et transmettre les savoirs ancestraux. Bikutsi, bolobo, hongo, makounè, bidé ou encore olantia seront au cœur des spectacles musicaux programmés.
L’Acte 2 apporte plusieurs innovations majeures. Cette année, les peuples Baka de l’Est feront leur entrée au festival pour une rencontre culturelle inédite avec les communautés Bagyéli et Bakola de Bipindi.
Une confrontation artistique et identitaire qui s’annonce spectaculaire, chaque groupe voulant démontrer la richesse et la singularité de ses sonorités traditionnelles.
Autre temps fort annoncé : une journée spéciale de plaidoyer et de partenariat prévue le 6 juin.
Seize organisations y participeront afin d’alerter sur les difficultés que rencontrent les communautés forestières, notamment les conséquences de la déforestation sur leur mode de vie. L’objectif est de créer des passerelles avec les institutions, ONG et bailleurs de fonds susceptibles de soutenir ces populations souvent marginalisées.
Le festival met également un accent particulier sur la gastronomie traditionnelle. Les organisateurs ont fait le choix radical d’interdire les mets urbains au profit exclusif des spécialités du terroir. Gibiers traditionnels, mets forestiers et recettes ancestrales seront proposés aux visiteurs. « Nos parents vivaient longtemps parce qu’ils mangeaient bio », rappelle le promoteur, convaincus des vertus nutritives et médicinales de cette alimentation naturelle.
Cette édition se veut aussi inclusive. Après les peuples de la forêt, le festival prévoit déjà d’associer progressivement les communautés de la savane, des montagnes et des côtes camerounaises dans les prochaines éditions, avec l’ambition de bâtir une grande plateforme nationale des cultures traditionnelles.
Soutenu par plusieurs institutions publiques, notamment le ministère des Forêts et de la Faune, le ministère des Arts et de la Culture ainsi que le ministère de l’Environnement, le Festival des Sonorités de la Forêt espère attirer près de 7 000 visiteurs par jour. Les organisateurs lancent par ailleurs un appel aux partenaires et sponsors afin d’accompagner un projet qu’ils considèrent comme un véritable outil de valorisation culturelle et de développement touristique.
Pendant trois jours, Yaoundé vibrera donc au rythme des tambours, des chants mystiques et des saveurs ancestrales, dans une célébration de la symbiose entre l’homme et la nature.
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