octobre 22, 2026

À l’occasion de la 36e édition de la Journée internationale des personnes âgées, célébrée le 1er octobre 2026 sous le thème « L’ère de la longévité : repenser les systèmes pour vivre plus longtemps », la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) appelle à une adaptation en profondeur des politiques publiques aux réalités du vieillissement de la population.

 

 

Pour la Commission, l’allongement de l’espérance de vie constitue une avancée majeure, mais impose également de repenser les systèmes de santé, de protection sociale, de financement des soins, d’emploi et d’apprentissage tout au long de la vie. L’objectif est de permettre aux personnes âgées de vivre plus longtemps dans la dignité, en bonne santé, avec davantage d’autonomie et dans un environnement sécurisé.

La CDHC relève que la transition démographique en cours constitue désormais un enjeu majeur pour les pouvoirs publics. Elle salue, à cet égard, les efforts engagés pour renforcer la protection sociale et améliorer l’accès des personnes âgées aux soins adaptés.

La Commission cite notamment le Forum communautaire de plaidoyer et de partage d’expériences organisé le 7 avril 2026 à Yaoundé, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, sous la coordination du Dr Laure CIAFFI et sous le patronage du ministère de la Santé publique. Cette initiative, lancée simultanément au Cameroun et au Sénégal en 2020 dans le cadre du Projet interpays VIHeillir, a permis de formuler plusieurs propositions en faveur de l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées, notamment celles vivant avec le VIH ou des maladies chroniques.

 

 

Parmi les pistes avancées figure l’intégration effective des personnes âgées de plus de 60 ans dans la Couverture santé universelle (CSU), avec des paquets de soins subventionnés correspondant à leurs besoins spécifiques.

Malgré ces avancées, la CDHC demeure préoccupée par l’insuffisante adaptation de certaines formations sanitaires aux réalités du vieillissement. Elle relève notamment des insuffisances en matière de prévention, de prise en charge des maladies chroniques, de soins palliatifs et de suivi médical de proximité.

La corruption, un obstacle supplémentaire

Dans sa déclaration, la Commission établit également un lien entre la lutte contre la corruption et la protection effective des droits des personnes âgées. Selon elle, les détournements de biens publics réduisent les ressources disponibles pour les infrastructures sanitaires et les mécanismes de protection sociale.

La CDHC met également en garde contre les pratiques de corruption de guichet susceptibles de rendre plus difficile l’accès aux soins ou aux prestations sociales, particulièrement pour les personnes âgées les plus vulnérables.

La Commission renouvelle par ailleurs certaines recommandations formulées en 2025. Elle encourage notamment le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique, en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, à renforcer la participation volontaire des seniors à la vie communautaire, notamment à travers le « Projet Volontariat Sénior ». L’objectif est de valoriser leur expérience dans l’éducation civique, la transmission des savoirs et l’accompagnement communautaire.

Le défi de l’inclusion numérique

Autre préoccupation mise en avant : la fracture numérique. La CDHC recommande au ministère des Postes et Télécommunications, à l’ANTIC et au ministère des Affaires sociales de mettre en place un plan national d’alphabétisation et d’inclusion numérique destiné aux personnes âgées.

Ce dispositif devrait notamment prévoir des interfaces simplifiées, des formations aux outils numériques, une sensibilisation aux escroqueries en ligne et un accompagnement humain.

La Commission insiste toutefois sur la nécessité de maintenir des alternatives non numériques pour les démarches administratives et financières essentielles. Des guichets physiques dédiés devraient ainsi continuer à permettre aux personnes âgées d’accéder aux services publics sans être contraintes de maîtriser les outils numériques.

À travers cette déclaration, la CDHC invite ainsi les pouvoirs publics à considérer le vieillissement non seulement comme un défi démographique, mais aussi comme une question de droits humains. Pour la Commission, vivre plus longtemps doit aller de pair avec le droit à la santé, à la protection sociale, à l’autonomie, à la dignité et à la participation à la vie de la société.

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