septembre 7, 2026

La capitale camerounaise accueille depuis le 25 août 2026 la deuxième Conférence du Bassin du Congo consacrée à l’agroécologie, à la sécurité alimentaire et à la protection de la biodiversité. Durant trois jours, les participants venus de quinze pays explorent des solutions capables de concilier production agricole, préservation des écosystèmes et adaptation au changement climatique.

 

La question de l’avenir des systèmes alimentaires est au centre des débats à Yaoundé. Experts, organisations de la société civile, associations, représentants des producteurs et partenaires au développement se retrouvent autour d’un même défi : permettre aux populations de mieux se nourrir sans accentuer la pression sur les ressources naturelles du Bassin du Congo.

La deuxième Conférence du Bassin du Congo, ouverte le 25 août, est organisée par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) et ses partenaires. Elle a pour thème : « Agroécologie pour des systèmes alimentaires inclusifs et durables, biodiversité et justice climatique dans le Bassin du Congo ».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, représentant le Premier ministre, chef du gouvernement. Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, était également présent.

Une mobilisation sous le signe de la souveraineté alimentaire

La présence de délégations issues de quinze pays traduit l’importance accordée à cette rencontre. Pour le ministre Gabriel Mbairobe, cette mobilisation témoigne de la solidarité entre les États du Bassin du Congo et de leur volonté de rechercher des réponses communes aux défis alimentaires et environnementaux.

Car le Bassin du Congo ne représente pas seulement un territoire forestier. Il constitue un patrimoine écologique majeur, abritant une biodiversité exceptionnelle et jouant un rôle important dans la régulation du climat. Il est également le cadre de vie de millions de personnes dont les activités dépendent directement des ressources naturelles.

Or, les effets du changement climatique bouleversent progressivement cet équilibre. Les épisodes de sécheresse, les inondations, la dégradation des terres, la disparition de certaines espèces et les difficultés d’accès au financement fragilisent les activités agricoles et les moyens de subsistance des populations.

Le Cameroun mise sur la transition agroécologique

Face à ces contraintes, le Cameroun entend renforcer la transition vers une agriculture plus résiliente. Le gouvernement inscrit cette orientation dans sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 et met en avant plusieurs initiatives engagées ces dernières années.

La convention signée en décembre 2023 entre le ministère de l’Agriculture et du Développement rural et le SAILD figure parmi les actions destinées à favoriser la vulgarisation de l’agroécologie.

Le pays s’appuie également sur la loi du 17 juillet 2025 relative à la production biologique, ainsi que sur la promotion de techniques agricoles respectueuses des sols et de l’environnement. Agroforesterie, compostage, gestion durable des terres et semis sous couvert végétal font notamment partie des pratiques encouragées.

Le développement du guichet de transition agroécologique doit, pour sa part, contribuer à faciliter l’accompagnement des producteurs et à soutenir les initiatives favorables à la préservation des services environnementaux.

Des engagements à transformer en résultats

Pour les organisateurs et les autorités camerounaises, l’heure n’est plus seulement aux déclarations. Les discussions doivent déboucher sur des engagements susceptibles d’améliorer concrètement les conditions de production et de renforcer la résilience des communautés.

Les travaux abordent ainsi plusieurs problématiques : financement de l’agriculture familiale, accès et sécurisation du foncier, recherche et innovation, transfert de technologies, gouvernance inclusive, justice climatique et valorisation des connaissances traditionnelles.

Une attention particulière est accordée aux femmes, aux jeunes et aux peuples autochtones, dont la participation est considérée comme indispensable à la transformation des systèmes alimentaires.

Une Déclaration de Yaoundé attendue

Au terme de cette rencontre, les participants souhaitent parvenir à une Déclaration de Yaoundé. L’objectif est de disposer d’un cadre de référence susceptible de renforcer la coopération régionale et d’accélérer l’adoption de pratiques agroécologiques dans les pays du Bassin du Congo.

La conférence entend ainsi faire de l’agroécologie un instrument de souveraineté alimentaire, de protection de la biodiversité et d’adaptation au changement climatique. Une ambition qui place les acteurs du Bassin du Congo face à un impératif : produire davantage, mais surtout produire autrement et durablement.

Loading

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *