octobre 21, 2026

Réunis du 12 au 14 octobre 2026 à Yaoundé, les 26 coordinateurs diocésains de la Fondation Caritas Cameroun ont pris part aux travaux du 11ᵉ Conseil national de l’institution. Au cœur des échanges : l’évaluation des actions menées dans les diocèses, la lutte contre la pauvreté et la nouvelle vision de son président national, Mgr Christophe Zoa, qui appelle à une Caritas davantage tournée vers le terrain, la solidarité et le développement à la base.

 

 

Faire de la charité une mission vivante, concrète et profondément enracinée dans les réalités des populations. C’est l’orientation défendue par Mgr Christophe Zoa, président national de la Fondation Caritas Cameroun, à l’occasion du 11ᵉ Conseil national de l’institution, tenu du 12 au 14 octobre au siège de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, à Yaoundé. Face aux 26 coordinateurs diocésains réunis pour cette rencontre, l’évêque de Sangmélima a décliné une vision fondée sur trois piliers : l’unité, l’efficacité et une présence active sur le terrain.

Cette rencontre a notamment permis d’évaluer la mise en œuvre du plan d’action de la fondation au sein des différentes circonscriptions ecclésiastiques. L’examen des rapports diocésains devait permettre de dresser un état des lieux du fonctionnement de l’institution à l’échelle nationale, d’apprécier les résultats obtenus et d’identifier les insuffisances à corriger. Cette démarche constitue une étape importante dans la préparation d’un nouveau programme quinquennal, adapté aux besoins des communautés bénéficiaires.

Au-delà du bilan institutionnel, les participants ont également réfléchi aux stratégies susceptibles de répondre plus efficacement à la précarité et aux difficultés socioéconomiques qui affectent de nombreuses populations au Cameroun.

Une Caritas moins bureaucratique et plus opérationnelle

Pour Mgr Christophe Zoa, l’avenir de la fondation repose sur sa capacité à sortir d’une logique essentiellement administrative pour renforcer son engagement auprès des personnes les plus vulnérables. Il s’agit de mieux identifier les besoins des communautés, de favoriser leur participation aux initiatives de solidarité et de promouvoir des solutions durables issues des réalités locales.

« Ramener la Caritas à sa mission essentielle », telle est l’ambition du nouveau président national. Rappelant le fondement évangélique de cette œuvre de l’Église catholique, il souligne que la charité ne saurait être réduite au fonctionnement d’une organisation ou d’une structure administrative.

« La Caritas, c’est le cœur de l’Évangile concrétisé dans la vie », insiste-t-il, invitant les coordinateurs diocésains à faire de la mission, du témoignage et du service de la charité les fondements de leur engagement. Pour lui, la Caritas doit être vécue comme une expression quotidienne de la foi chrétienne, et non comme une simple organisation non gouvernementale.

Cette vision implique une plus grande proximité avec les communautés, une meilleure connaissance de leurs difficultés et la mise en œuvre d’actions susceptibles de renforcer leur autonomie.

Miser sur les partenariats et les solutions endogènes

Dans cette perspective, le président national entend concilier l’ancrage local des interventions avec l’ouverture aux réseaux humanitaires internationaux. Il encourage ainsi le travail en réseau avec Caritas Internationalis et Caritas Afrique, tout en privilégiant les ressources et les initiatives locales.

« Nous devons préconiser le travail en réseau avec les plateformes de Caritas Internationalis et Caritas Afrique dont nous espérons toujours le soutien, tout en mettant l’accent, à l’interne, sur les solutions endogènes afin de faire participer les populations et les structures du Cameroun aux actions caritatives », a déclaré Mgr Christophe Zoa.

Dans cette dynamique, les échanges ont également porté sur les perspectives de collaboration avec l’École des sciences de la santé de l’Université catholique d’Afrique centrale. Les discussions visaient à explorer les possibilités de partenariat dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la recherche et de la formation humanitaire. Une démarche qui pourrait contribuer à renforcer les capacités d’intervention de la fondation et à améliorer la réponse apportée aux besoins des populations.

Quatre défis pour renforcer l’autonomie de la fondation

Au terme des travaux, quatre priorités majeures ont été identifiées pour consolider le fonctionnement et l’efficacité de la Fondation Caritas Cameroun. Il s’agit de l’élaboration de manuels de procédures adaptés au réseau national et de politiques d’action répondant aux exigences des bailleurs de fonds ; de la mobilisation des ressources humaines, matérielles et financières ; de l’accompagnement des diocèses dans la mise en œuvre de leurs actions caritatives ; et de l’amélioration de la communication institutionnelle, notamment à travers la création d’un site internet.

La question de l’autonomisation financière a également occupé une place importante dans les discussions. Les coordinateurs diocésains ont souligné la nécessité de développer des projets générateurs de ressources afin de renforcer les capacités de la fondation et de réduire sa dépendance aux financements extérieurs.

À cet effet, Mgr Christophe Zoa a exhorté ses collaborateurs à faire preuve de responsabilité dans la gestion des moyens disponibles et à promouvoir des initiatives éducatives consacrées à la solidarité et au développement au sein des communautés.

À l’issue de ce 11ᵉ Conseil national, l’enjeu est donc clair : faire de la Fondation Caritas Cameroun un instrument de solidarité plus efficace, plus autonome et plus proche des populations. Une ambition qui appelle à traduire les orientations définies à Yaoundé en actions concrètes dans les diocèses, là où les besoins humains et sociaux se font le plus sentir.

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