Le Conseil national de la communication (CNC) durcit le ton à l’égard de Vision 4. Réuni ce 29 septembre 2026 en 4e session extraordinaire, l’organe de régulation des médias a examiné quatre dossiers et prononcé plusieurs sanctions, dont la suspension de la chaîne de télévision privée Vision 4 pour une durée d’un mois.
La principale affaire examinée par le CNC concerne les rapports entre l’organe de régulation et Vision 4, dans le cadre de la couverture médiatique de la procédure judiciaire liée à l’affaire Martinez Zogo.
Le Conseil rappelle avoir déjà sanctionné, le 18 août 2026, le journaliste Owona Thaddée Martial, auteur d’un reportage diffusé au journal de 20 heures du 2 juin 2026 et mettant en cause Me Félicité Esther Zeifman, avocate au Barreau du Cameroun. Une suspension de trois mois avait alors été prononcée contre le journaliste, tandis qu’un avertissement avait été adressé au Directeur général des médias du Groupe l’Anecdote.
Selon le CNC, cette première décision n’a pas été exécutée.
L’organe de régulation relève également des propos tenus le 30 août 2026 dans l’émission « Club d’Elites », présentée sur Vision 4 par Philippe Boni Meyene, Directeur général des médias du Groupe l’Anecdote. Ces propos sont considérés par le Conseil comme mettant en cause son autorité.
Vision 4 suspendue pendant un mois
Le CNC indique que les principaux responsables de Vision 4, convoqués afin de présenter leurs moyens de défense, ont obtenu deux reports avant de ne finalement pas comparaître. Pour le Conseil, cette attitude constitue une défiance à l’égard de son autorité, alors que la législation camerounaise impose aux opérateurs audiovisuels de répondre à ses réquisitions.
Au terme de l’examen du dossier, Vision 4 est suspendue pendant un mois de toute diffusion de programmes audiovisuels.
La décision est notamment motivée par le refus de répondre aux convocations du CNC, la non-exécution de la précédente décision visant Owona Thaddée Martial et la diffusion de propos considérés comme mettant en cause l’autorité du régulateur.
Philippe Boni Meyene suspendu à son tour
Philippe Boni Meyene écope également d’une suspension d’un mois de l’exercice de la profession de journaliste au Cameroun.
Le CNC lui reproche les propos tenus dans « Club d’Elites », ainsi que son défaut de collaboration dans l’application de la décision rendue le 18 août 2026.
De son côté, la sanction infligée à Owona Thaddée Martial est alourdie. Initialement suspendu pour trois mois, le journaliste voit désormais sa suspension portée à six mois. Le CNC invoque notamment la non-exécution de sa précédente décision ainsi que ce que le Conseil qualifie de défiance à son autorité.
L’Anecdote également dans le viseur du régulateur
Le deuxième dossier concerne le journal L’Anecdote et son Directeur de publication, Jean Claude Fouda Abega.
Le CNC s’est penché sur la publication, le 18 août 2026, d’un article signé par Owona Thaddée Martial alors que celui-ci faisait déjà l’objet d’une suspension professionnelle.
Le Conseil relève également la Une du journal qui titrait : « Conseil national de la communication à la solde des lobbies du mal ».
Estimant que cette publication porte atteinte à l’autorité de l’organe de régulation et contrevient aux règles déontologiques applicables aux journalistes, le CNC prononce à l’encontre de Jean Claude Fouda Abega une suspension d’un mois de ses fonctions de Directeur de publication et de l’exercice de la profession de journaliste.
Non-lieu dans l’affaire opposant Paule Assoumou Koki au Grand Titre
Le troisième dossier oppose Paule Assoumou Koki, Directrice générale de l’Autorité aéronautique, au journal Le Grand Titre.
La procédure faisait suite à la publication, le 19 mars 2026, d’un article contenant, selon la plaignante, des déclarations susceptibles de porter atteinte à l’image des agents opérationnels de sûreté de l’aviation civile.
La requérante ayant finalement transmis une lettre de désistement au cours de la procédure, le CNC prononce un non-lieu à suivre et met fin à l’affaire.
Actu Cameroun : plainte déclarée irrecevable
Enfin, le Conseil a examiné la plainte introduite par Me Dongmo Armand Teadjio, avocat au Barreau du Cameroun, contre le média en ligne Actu Cameroun.
Déposée le 30 juillet 2024, la plainte portait sur la publication de déclarations présumées non fondées.
Après examen, le CNC relève un vice de forme lié au non-respect des délais de saisine. La plainte est donc déclarée irrecevable, conformément aux dispositions du Manuel de procédure de traitement des plaintes du Conseil.
À travers ces différentes décisions, le CNC entend réaffirmer son rôle dans la régulation de la communication sociale au Cameroun
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