octobre 21, 2026

Yaoundé, 30 septembre 2026 – Face à la dégradation progressive des terres et à l’appauvrissement de la biodiversité dans les régions septentrionales du Cameroun, les pouvoirs publics et leurs partenaires techniques et financiers veulent passer à une nouvelle étape : celle de la restauration durable des paysages et du renforcement de la résilience des communautés.

 

 

Réunis depuis le 29 septembre 2026 au Mont Fébé à Yaoundé, les différentes parties prenantes prennent part à l’atelier de concertation et de validation du document final du projet GEF-8, élaboré avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le projet intervient dans un contexte marqué par la dégradation des terres, la pression sur les ressources naturelles et les effets des changements climatiques, particulièrement sensibles dans le Nord et l’Extrême-Nord. Pour les populations rurales, ces phénomènes affectent directement les activités agricoles et pastorales ainsi que les moyens de subsistance.

8 448 hectares à restaurer

L’ambition du projet est clairement chiffrée. Il prévoit notamment la restauration de 8 448 hectares de terres et de paysages dégradés, ainsi que la mise sous pratiques améliorées et adaptées à la sécheresse de 11 933 hectares de terres agricoles et de pâturages.

À travers ces interventions, le projet entend également contribuer à l’atténuation de 1 020 800 tonnes de CO₂ et atteindre au moins 8 150 bénéficiaires directs, avec un objectif d’au moins 50 % de femmes.

Pour le ministre en charge de l’Environnement, Pierre Hèle, les ressources biologiques constituent un socle essentiel de l’alimentation, de l’industrie et de l’activité économique. Leur dégradation progressive risque, selon lui, de compromettre la capacité des écosystèmes à fournir les services indispensables aux populations.

D’où la nécessité, souligne-t-il, d’adopter une approche coordonnée permettant à la fois de préserver la biodiversité, restaurer les écosystèmes dégradés, assurer une utilisation durable des ressources naturelles et renforcer la résilience des populations face aux changements climatiques.

Une démarche concertée

Pour le représentant de la FAO, Antonio Querido, le processus d’élaboration du projet a franchi une étape importante après l’approbation de la note conceptuelle. Le développement du projet a notamment été engagé les 21 et 22 juillet 2026 à Yaoundé, avec la participation des principales parties prenantes.

L’atelier du Mont Fébé doit ainsi permettre d’examiner le document final avant sa soumission au Secrétariat du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Les participants sont appelés à apprécier la cohérence des différentes composantes du projet avec les résultats attendus, les stratégies d’intervention, les bénéficiaires ciblés et les partenaires de mise en œuvre.

Au-delà de la validation technique du document, l’enjeu est également de favoriser son appropriation par les différents secteurs concernés.

Biodiversité, agriculture et climat

L’approche retenue repose sur une gestion intégrée des paysages. Elle vise à rapprocher les objectifs de conservation de la biodiversité des impératifs de développement local et d’adaptation aux changements climatiques.

Le projet s’inscrit notamment dans la dynamique de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes 2021-2030, de l’initiative AFR100 consacrée à la restauration des paysages africains, ainsi que dans le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.

Pour le Cameroun, la restauration des terres dégradées dans le septentrion constitue donc à la fois un enjeu environnemental, agricole et socio-économique. La réussite du projet dépendra désormais de la qualité de sa mise en œuvre sur le terrain, de la mobilisation des acteurs locaux et de la pérennisation des pratiques introduites auprès des communautés.

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