octobre 21, 2026

La nouvelle Stratégie de Coopération Pays (SCP) de l’Organisation mondiale de la Santé entend redéfinir les priorités de son accompagnement du Cameroun, dans un contexte marqué par la pression sur les financements extérieurs et la nécessité de consolider les capacités nationales.

 

 

 

Le Cameroun et l’Organisation mondiale de la Santé ouvrent une nouvelle séquence de leur coopération dans le domaine sanitaire. La présentation de la nouvelle Stratégie de Coopération Pays (SCP) constitue désormais le cadre de référence de l’action de l’OMS dans le pays pour les prochaines années.

Loin d’être un simple document programmatique, cette feuille de route ambitionne de renforcer la cohérence des interventions et d’améliorer leur impact sur les populations. Pour l’OMS, l’enjeu est désormais de dépasser les engagements institutionnels pour parvenir à des résultats mesurables sur le terrain.

Une responsabilité partagée

Présentant la nouvelle stratégie, le Représentant de l’OMS au Cameroun a insisté sur la nécessité d’une coopération fondée sur la transparence, la responsabilité partagée et la confiance mutuelle.

La mise en œuvre de la SCP ne relève toutefois pas du seul secteur de la santé. Elle implique une mobilisation plus large du gouvernement, des collectivités territoriales décentralisées, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, de la société civile, des chercheurs ainsi que des professionnels de santé.

Cette approche s’inscrit dans le principe de « la santé dans toutes les politiques » et dans celui de « Une seule santé », qui prend en compte les interactions entre santé humaine, santé animale et environnement.

L’objectif affiché est de transformer progressivement les engagements en actions, puis les actions en résultats susceptibles d’améliorer durablement la santé et le bien-être des populations.

Le défi du financement de la santé

L’un des enjeux majeurs de cette nouvelle coopération concerne le financement du système de santé. La baisse et l’incertitude des financements extérieurs consacrés au développement imposent aux États de renforcer leurs propres capacités de financement.

Dans cette perspective, l’OMS encourage le Cameroun à poursuivre ses efforts en matière de mobilisation des ressources domestiques et d’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques de santé.

Cette orientation vise notamment à renforcer l’autonomie du système sanitaire et sa capacité à résister aux crises, tout en garantissant la continuité des services essentiels.

La santé au cœur du développement

Le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Cameroun a, pour sa part, replacé cette nouvelle stratégie dans le cadre plus global des objectifs de développement du pays.

La santé est présentée comme un facteur déterminant du développement humain. Une population en bonne santé contribue notamment à la réussite scolaire, à la productivité économique, à la cohésion sociale et à la résilience des communautés face aux crises.

Cette vision implique une collaboration entre plusieurs secteurs, parmi lesquels l’éducation, l’agriculture, l’environnement, l’eau et l’assainissement, la protection sociale, l’emploi et la gouvernance territoriale.

Une stratégie en cohérence avec la SND30

La nouvelle SCP s’inscrit par ailleurs dans les priorités définies par le Cameroun à travers la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030. Elle doit également contribuer à la mise en œuvre du Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable.

Cette articulation vise à éviter la dispersion des interventions et à favoriser davantage de synergies entre les différentes agences du système des Nations Unies.

La démarche rejoint également l’initiative « UN 80 », qui entend améliorer l’efficacité du système onusien à travers une meilleure coordination, davantage de complémentarité entre les agences et une utilisation plus efficiente des ressources.

Les populations vulnérables au centre

L’inclusion constitue un autre axe important de cette nouvelle orientation. Les besoins spécifiques des femmes, des filles, des hommes, des garçons et des personnes handicapées devront être davantage pris en compte dans les politiques et programmes de santé.

À travers cette approche, l’OMS et ses partenaires souhaitent contribuer à réduire les inégalités d’accès aux services de santé et à faire en sorte que les populations les plus vulnérables bénéficient des progrès enregistrés.

La nouvelle Stratégie de Coopération Pays ouvre ainsi une nouvelle phase dans le partenariat entre l’OMS et le Cameroun. Son véritable impact sera désormais apprécié à travers sa capacité à renforcer les systèmes nationaux, améliorer la coordination des acteurs et produire des résultats concrets et durables au bénéfice des populations.

Loading

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *