Les pratiques anormales observées sur les principaux corridors d’Afrique centrale étaient au centre d’une conférence de presse organisée le 10 mars 2026 à l’Institut sous-régional de statistique et d’économie appliquée (ISSEA) à Yaoundé.
Cette rencontre a été initiée par l’Observatoire des pratiques anormales en Afrique centrale (OPA-AC) afin de présenter les résultats d’études menées sur les axes stratégiques reliant le port de Douala aux capitales de l’hinterland, notamment N’Djamena et Bangui.
Au cours de cette rencontre avec les médias, les responsables du projet ont exposé les conclusions d’enquêtes réalisées le long de ces corridors commerciaux. Les travaux visaient à analyser la fluidité du transit, la gouvernance portuaire ainsi que les obstacles persistants qui freinent les échanges sous-régionaux.
Selon le responsable adjoint du projet, qui a d’abord remercié gouvernement camerounais pour ses actions, et de l’Union Européenne qui finance ledit projet, professeur Ngonthe, a relevé que les « pratiques anormales » évoquées dans l’étude ne sont pas nécessairement illégales. Elles désignent plutôt des situations qui, bien que parfois conformes à certaines procédures administratives, entravent la facilitation des échanges. Il a notamment cité l’exemple du paiement de droits de douane sur la banane plantain entre Yaoundé et Libreville, une situation jugée paradoxale dans un espace qui se réclame pourtant de la libre circulation des marchandises.

Les enquêtes menées sur le terrain ont également permis d’identifier d’autres dysfonctionnements, parmi lesquels la multiplication des postes de contrôle routiers, les lenteurs administratives, l’état parfois dégradé des infrastructures routières ainsi que la vétusté du parc de camions assurant le transport des marchandises.
Les intervenants ont aussi évoqué les difficultés rencontrées par les chauffeurs, souvent mal rémunérés alors qu’ils transportent des cargaisons de grande valeur.
Selon les responsables de l’OPA-AC, l’ensemble de ces facteurs contribue à rallonger la durée des trajets et à augmenter les coûts logistiques, ce qui affecte la compétitivité des économies de la sous-région.
Face à ces constats, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur la rationalisation des contrôles routiers, l’amélioration de la gouvernance des corridors et la modernisation des infrastructures de transport.
L’objectif, est de favoriser un système de transport plus fluide, plus transparent et plus compétitif, au bénéfice des opérateurs économiques, des transporteurs et des consommateurs de l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale.
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