Yaoundé, 10 février 2026. À l’occasion de son traditionnel discours à la jeunesse, en prélude à la 60ᵉ édition de la Fête de la Jeunesse, le président Paul Biya a laissé entrevoir une nouvelle prorogation des mandats des élus locaux, relançant ainsi les spéculations sur le calendrier électoral de 2026.
Municipales : vers une échéance en août 2026 ?
Le chef de l’État dispose, conformément à l’article 170 du Code électoral, du pouvoir de proroger le mandat des conseillers municipaux pour une durée maximale de 18 mois. Une première prorogation de 15 mois, décidée le 24 juillet 2024, avait fixé la fin du mandat au 31 mai 2026.
Il reste donc une marge légale de trois mois. Si cette possibilité est utilisée, le mandat des conseillers municipaux s’achèverait le 31 août 2026.
Dans ce scénario, les élections municipales pourraient se tenir le dimanche 9 août 2026. Cette date correspondrait au 23ᵉ jour précédant l’expiration du mandat, respectant ainsi l’article 169 du Code électoral, qui prévoit que le scrutin doit se tenir au plus tard 20 jours avant la fin du mandat. La tenue du vote un dimanche s’inscrirait par ailleurs dans la tradition électorale du pays.Laconvocation du corps électoral interviendrait alors le 10 mai 2026, soit trois mois avant la date probable du scrutin.
Législatives : l’équation du couplage
La question du couplage des élections municipales et législatives repose sur l’article 15(4) de la Constitution. Celui-ci prévoit qu’en cas de prorogation, l’élection des députés doit avoir lieu entre 40 et 120 jours après l’expiration du mandat.Or, le mandat des députés expire le 30 mars 2026, selon la loi de prorogation promulguée le 24 juillet 2024.
Pour permettre un couplage avec les municipales prévues le 9 août 2026, il faudrait que la prorogation des députés soit ajustée de manière à respecter le délai constitutionnel minimal de 40 jours après l’expiration du mandat. Cela impliquerait une prorogation courant jusqu’à la fin juillet 2026, soit environ quatre mois supplémentaires.
Une telle configuration permettrait aux députés de tenir la session parlementaire de juin — généralement ouverte à la mi-juin — avant la tenue d’élections couplées le 9 août 2026.
Un calendrier encore hypothétique
Ces projections restent toutefois conditionnées au maintien en l’état du Code électoral et de la Constitution. Toute modification législative pourrait redessiner le calendrier et les modalités du scrutin.
En attendant, les signaux envoyés par le chef de l’État confirment que l’année 2026 sera un moment politique majeur, marqué par des choix stratégiques déterminants pour l’organisation des échéances électorales.
Source : Député Cabral LIbii
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