À Yaoundé, le Gouvernement camerounais a réuni ce 11 août 2026 ses partenaires techniques et financiers autour de la mise en œuvre de la Politique Nationale de la Jeunesse 2025-2035. Au cœur des échanges : la mobilisation des financements nécessaires à l’exécution du Plan Jeunesse 2025-2030, évalué à 386,1 milliards de FCFA.
La jeunesse camerounaise se trouve au cœur d’un nouveau rendez-vous stratégique. Présidée par Paul Tasong, Ministre Délégué auprès du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, la table ronde de mobilisation des partenaires de mise en œuvre de la Politique Nationale de la Jeunesse (PNJ) 2025-2035 a réuni à Yaoundé représentants du Gouvernement, partenaires techniques et financiers, organisations internationales, secteur privé, société civile et leaders de jeunesse.
L’objectif affiché par le Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation Civique, Mounouna Foutsou, est sans ambiguïté : transformer les orientations de la PNJ en actions concrètes et mobiliser les ressources nécessaires à leur réalisation.

386,1 milliards de FCFA pour passer des orientations aux résultats
Le chiffre constitue l’un des principaux enseignements de cette rencontre : 386,1 milliards de FCFA sont nécessaires à la mise en œuvre du Plan Jeunesse 2025-2030.
Cette enveloppe doit permettre de financer les interventions prioritaires en matière d’éducation et de formation, d’employabilité, d’insertion socio-économique, d’entrepreneuriat, de participation citoyenne, de santé, de bien-être et de gouvernance.
Pour le Gouvernement, l’enjeu est d’autant plus important que plus de 60 % de la population camerounaise a moins de 25 ans. Cette réalité démographique constitue à la fois un défi social et une formidable réserve de capital humain.
Le Représentant du Système des Nations Unies au Cameroun a ainsi appelé à une mobilisation collective afin que la PNJ ne demeure pas un simple cadre stratégique, mais devienne un véritable instrument de transformation sociale et économique.

Des compétences à l’emploi : le nouveau pari
La première priorité consiste à mieux connecter la formation aux besoins du marché du travail.
Éducation de qualité, développement des compétences, certifications, formation aux métiers d’avenir, numérique, STEM, agriculture et entrepreneuriat figurent parmi les secteurs identifiés comme prioritaires.
L’ambition est de rompre avec une logique centrée uniquement sur l’obtention des diplômes pour privilégier une approche orientée vers l’employabilité et l’insertion professionnelle.
Cette problématique a été au centre du premier panel, consacré au développement du capital humain. L’UNESCO, l’Union européenne, la GIZ et l’UNICEF ont notamment partagé leurs expériences et leurs pistes d’accompagnement.

Mobiliser les financements pour l’autonomisation économique
Le deuxième panel a placé la question du financement au centre des discussions.
La Banque mondiale, la Banque Islamique de Développement, le PNUD, l’OIT et l’AUF ont présenté différents mécanismes susceptibles de soutenir l’emploi, l’entrepreneuriat et l’autonomisation économique des jeunes.
La Banque Islamique de Développement a notamment évoqué plusieurs instruments : financement du secteur privé, financement axé sur les résultats, mécanismes de finance islamique et dispositifs de cofinancement intégrant la digitalisation et l’employabilité.
De son côté, le PNUD a réaffirmé sa volonté de soutenir l’innovation technologique et l’entrepreneuriat des jeunes, tandis que l’AUF a présenté les initiatives développées à travers ses Centres d’employabilité francophone, notamment dans les universités de Yaoundé et de Ngaoundéré.
Une jeunesse résiliente et actrice de son propre développement
Au-delà de l’emploi, la table ronde a également abordé les questions de santé, de participation citoyenne, de mobilité, de cohésion sociale et de résilience.
L’OIM, l’UNICEF, l’UNFPA et Plan International Cameroon ont insisté sur la nécessité de créer un environnement permettant aux jeunes d’accéder aux services sociaux, aux opportunités économiques et aux espaces de décision.
L’OIM a notamment plaidé pour une meilleure prise en compte de la mobilité humaine dans les politiques publiques. L’UNICEF a mis en avant les conseils municipaux jeunes comme espaces de participation et d’engagement. L’UNFPA a, pour sa part, insisté sur l’accès aux services de santé et de bien-être, la prévention des violences basées sur le genre et le renforcement des plateformes de jeunes.
Plan International Cameroon a également présenté son dispositif d’accompagnement, avec 327 jeunes enregistrés sur sa plateforme d’engagement et une centaine de stages proposés chaque année.

Mounouna Foutsou : « Rien n’est fait pour les jeunes sans les jeunes »
Au terme des échanges, le Ministre Mounouna Foutsou a appelé les partenaires à franchir un nouveau cap, celui des engagements opérationnels.
« Chers partenaires, enregistrez-vous à l’ONJ. Elle est là pour recueillir vos offres à l’endroit des jeunes », a-t-il lancé, en référence à l’Observatoire National de la Jeunesse.
Le Ministre a également invité les leaders de jeunesse à s’approprier la Politique Nationale de la Jeunesse et à en devenir les relais auprès de leurs pairs.

« Rien n’est fait pour les jeunes sans les jeunes », a-t-il rappelé.
Une formule qui résume l’approche défendue par le MINJEC : faire de la jeunesse non plus seulement une bénéficiaire des politiques publiques, mais une partie prenante de leur conception et de leur mise en œuvre.
Le véritable défi commence maintenant
La table ronde aura permis de réunir autour d’une même table une diversité d’acteurs et de mettre en évidence plusieurs pistes de coopération. Un mécanisme de suivi des recommandations est annoncé afin d’assurer la coordination, la transparence et l’évaluation des partenariats.
Mais derrière les annonces et les engagements se pose désormais la question essentielle de l’exécution.
Les 386,1 milliards de FCFA annoncés devront progressivement se traduire en formations, emplois, entreprises créées, financements accordés, innovations développées et opportunités effectivement accessibles aux jeunes.
C’est à cette condition que la Politique Nationale de la Jeunesse pourra dépasser le cadre institutionnel pour devenir un véritable levier de transformation du capital humain camerounais.
À Yaoundé, le Gouvernement a donc posé les bases d’un nouveau pacte avec ses partenaires. Le prochain rendez-vous sera celui des résultats.
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