octobre 22, 2026

Le Pacte AgriConnect, lancé le 21 octobre 2026, ambitionne de dynamiser les productions agricoles, animales et halieutiques, tout en stimulant l’investissement et la création d’emplois.

 

Le Cameroun renforce sa stratégie de reconquête de sa souveraineté alimentaire. À travers le lancement du Pacte AgriConnect, en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale, le gouvernement entend accélérer la transformation des filières agroalimentaires, accroître les capacités de production nationales et réduire progressivement la dépendance du pays aux importations alimentaires. La cérémonie de lancement s’est tenue le 21 octobre 2026, marquant une nouvelle étape dans la recherche de solutions durables aux défis de l’approvisionnement des marchés et de la valorisation des ressources locales

 

Cette initiative repose sur une collaboration renforcée entre le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER) et le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), conduit par le Dr Taïga, avec l’appui technique et financier de la Banque mondiale. La coprésidence du Comité de pilotage confiée aux deux administrations traduit la volonté des pouvoirs publics de rapprocher les politiques agricoles, pastorales et halieutiques afin de construire une réponse cohérente aux besoins alimentaires des populations.

MINADER-MINEPIA : une synergie au service des producteurs

Dans le cadre de ce partenariat, le MINADER entend poursuivre la modernisation des filières végétales, notamment celles du maïs, du riz, du manioc, du palmier à huile, du cacao et du soja. Ces productions occupent une place importante dans l’économie rurale et constituent des leviers essentiels pour renforcer l’offre nationale de denrées alimentaires et de matières premières.

Le MINEPIA, quant à lui, est appelé à consolider les filières de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture. L’enjeu est d’accroître la disponibilité des protéines animales sur les marchés, d’améliorer les performances des exploitations et de renforcer les revenus des éleveurs, des pêcheurs et des aquaculteurs.

Cette complémentarité devrait favoriser une meilleure coordination des interventions publiques, une utilisation plus efficace des investissements et un accompagnement accru des acteurs des chaînes de valeur. Elle ouvre également des perspectives pour la modernisation des exploitations, l’amélioration de la productivité et la professionnalisation des activités rurales.

 

La Banque mondiale mise sur l’investissement et les réformes

 

Le Groupe de la Banque mondiale intervient comme partenaire stratégique de cette ambition. Son accompagnement vise notamment à favoriser la mobilisation des capitaux publics et privés, à améliorer le climat des affaires et à faciliter l’accès des acteurs agroalimentaires aux financements nécessaires au développement de leurs activités.

Le Pacte AgriConnect s’articule autour de trois axes prioritaires : le renforcement des fondements agricoles, la réforme des politiques sectorielles et le développement de l’écosystème financier. Cette approche entend agir simultanément sur les capacités de production, le cadre institutionnel et les mécanismes de financement, afin de créer des conditions propices à l’investissement et à la compétitivité des produits locaux.

Les enjeux sont considérables. Le secteur alimentaire représente environ 17 % du produit intérieur brut (PIB) du Cameroun et mobilise près de 4,7 millions de travailleurs. Son développement constitue ainsi un facteur déterminant de croissance économique, de réduction de la précarité en milieu rural et d’insertion professionnelle des jeunes.

En soutenant les producteurs et les entreprises intervenant dans les différentes filières, AgriConnect ambitionne de favoriser la création d’emplois durables, d’améliorer les revenus des ménages ruraux et de renforcer la capacité du pays à satisfaire une part croissante de sa demande alimentaire par la production nationale.

Un levier pour la SND30 et la substitution aux importations

Le Pacte AgriConnect s’inscrit dans les orientations de la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30) et rejoint les objectifs du Programme intégré de substitution des importations agricoles et halieutiques (PIISAH). Il constitue un cadre de convergence entre les priorités gouvernementales, les financements des partenaires au développement et les attentes des producteurs.

Toutefois, au-delà de la mobilisation institutionnelle et financière, la réussite de cette initiative dépendra de sa capacité à produire des changements concrets sur le terrain. L’accès effectif aux financements, la disponibilité des intrants, la modernisation des infrastructures de production et de conservation, ainsi que l’amélioration des circuits de commercialisation seront déterminants.

Pour le Cameroun, l’ambition est claire : faire de l’agriculture, de l’élevage et de l’aquaculture des moteurs plus performants de croissance et de sécurité alimentaire. Le Pacte AgriConnect ouvre une nouvelle perspective dans cette démarche. Son efficacité se mesurera désormais à l’évolution des volumes produits localement, à la progression des revenus des producteurs, aux emplois créés et à la réduction effective de la dépendance alimentaire extérieure.

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