C’était à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 7e rencontre du genre, présidée par le Vice- président des Réseaux des institutions Nationales Africaines des Droits de l’homme ( RINADH) tenue du 7 au 9 Mai 2025 à Addis – Abeba capitale de l’ Éthiopie.
« Nous sommes réunis aujourd’hui à Addis-Abeba pour débattre d’un enjeu fondamental de justice historique, au cœur de nombreux débats contemporains sur les Droits humains, la mémoire, la souveraineté et l’équité : La justice réparatrice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine. Telle est la déclaration du président de la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC), par ailleurs vice en service de la RINADH, lors des travaux du forum du7e dialogue de la Comission de l’ Union Africaine ( CUA)- RINADH.
Le thème choisi pour cette recontre de haute importance était « justice pour les Africains pour binais des réparations : le rôle des INDH et les autres acteurs des Droits de l’homme « ll tient en compte par le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale qui devait tenir, le 24 avril 2025, une discussion générale virtuelle d’une demi-journée à ce sujet dans le cadre de sa 115e session.

Selon le Pr. James MOUANGUE Kobila , représentant du président du RINADH Joseph WITTAL et président de INDH au NGANA empêché, »Cette rencontre vise à éclairer l’élaboration
générale sur les réparations pour les préjudices historiques et actuels de l’esclavage – dit « de biens meubles » – affectant les personnes d’ascendance africaine. » a-t-il relevé,
La rencontre qui a vu au premier plan des présidents des institutions des Droits de l’homme Africains , vise également ceux-ci à s’ engager et à agir avec fidélité à la vérité historique, avec le courage moral et la détermination, par des actions concrètes.
Le président de la Cdhc dans son discours très apprécié au fin très instructif a en effet rappeler la différence entre la « justice réparatrice » et la « justice restaurative » dont l’universitaire américain Howard ZEHR est le pionnier depuis le début des années 1970. Et d’ indiquer « Ces deux termes sont souvent utilisés comme synonymes ; mais dans certaines approches, une distinction nuancée peut être faite, surtout selon les contextes linguistiques ou juridiques.
Ainsi, tandis que la « justice réparatrice » est un terme plus courant en droit francophone qui correspond à une approche qui met l’accent sur la réparation des torts causés à la victime, à la communauté et parfois à l’auteur. Elle vise à reconnaître la souffrance subie par les victimes et à restaurer l’équilibre social par des mesures de réparation matérielle, symbolique et/ou morale.
La « justice restaurative », quant à elle, apparaît plutôt comme la traduction littérale du terme anglais restorative justice. Elle se concentre davantage sur le dialogue, la responsabilisation et la restauration du lien social. Le cœur de cette approche est la rencontre volontaire et encadrée entre la victime, l’auteur et la communauté, dans un environnement sécurisé. »

L’engagement de la CUA- RINADH
L’orateur n’a pas manqué de rappeler le rôle crucial de l’ Union ( UA) engagé plusieurs décennies dans la lutte pour la restitution des objets dérobés en Afrique lors de la période coloniale
« l’UA a soutenu plusieurs initiatives importantes en ce sens, allant des efforts visant à obtenir la restitution des objets culturels pillés à la promotion de revendications formelles de réparations à l’échelle mondiale. Cinq initiatives parmi les plus emblématiques ont été recensées dans quatre pays africains :le Fowler Museum de l’Université de Californie à Los Angeles (États- Unis), a restitué à la République du Ghana des objets pillés en février 2025 ; ces objets, arrachés au royaume Ashanti par les forces britanniques lors de la guerre de Sagrenti en 1874, ont été rendus 150 ans après leur spoliation ; l’Allemagne a restitué huit artefacts volés il y a plus de cent ans au peuple Lebialem de la Région du Sud-Ouest du Cameroun ; la cérémonie de restitution a eu lieu le 30 mars 2024 dans les locaux de la Fondation Solomon Tandeng Muna à Yaoundé ; le Royaume-Uni a restitué, en avril 2024, 32 artefacts en or et en argent pillés au Ghana il y a plus de 150 ans ; ces objets, dérobés à la cour de l’Asantehene lors des conflits du XIXe siècle, faisaient partie d’un vaste programme de rapatriement ;la France a restitué au Bénin, en novembre 2021, 26 œuvres d’art accaparées par les troupes coloniales en 1892 ; parmi ces objets figuraient des portes de palais, des trônes royaux et des bâtons de guerriers, accueillis lors d’une cérémonie présidée par le Président Patrice Talon ;le Metropolitan Museum of Art de New York a officiellement restitué à l’Égypte le cercueil doré d’un prêtre égyptien nommé Nedjemankh, acquis en 2017 ; la remise de l’objet a eu lieu lors d’une cérémonie de rapatriement en septembre 2019. » a-t-il rappelé
Les recommandations
Le vice-président a rappelé quelques recommandations lors des dernières assises.pour ce qui concerne l’engagement au niveau mondial, lors de la quatrième session du Forum permanent des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine tenue du 14 au 17 avril 2025 à New York,les représentants de l’Union africaine, ainsi que ceux de la communauté caribéenne (CARICOM) en croire le Vice-président, ont exhorté les acteurs internationaux pertinents à passer des discussions aux actions concrètes en ce qui concerne les réparations.

Ils ont appelé à la création d’un Forum de haut niveau des Nations unies sur les réparations, qui permettrait de promouvoir une approche mondiale et coordonnée visant à remédier aux conséquences durables de l’esclavage, du colonialisme et du racisme systémique.
L’UA et la CARICOM ont également plaidé pour un large soutien aux résolutions qui jetteraient les bases de la justice réparatrice et tiendraient les États responsables pour leur rôle dans le crime imprescriptible que constitue l’esclavage.
Le combat CUA – RINADH
« La réparation des crimes historiques ne relève ni de la charité1 ni d’un apaisement trompeur de la conscience. Comme rappelé plus haut, elle s’enracine dans les principes de justice, de souveraineté, d’humanité et d’équité. » a relevé le Pr. James MOUANGUE KOBILA

l’Afrique et ses peuples ont subi les affres de l’exploitation coloniale, de l’esclavage, de l’apartheid et de la domination raciale. Ces séquelles d’ après le vice-président, se manifestent à travers : l’abaissement des esprits dû au scandale de l’esclavage ;la pauvreté et le sous-développement, filles de la colonisation sans scrupules ; autant qu’à travers
la marginalisation et des identités meurtries.
De ce fait, il il a recommandé le rôle de la justice réparatrice dans sa globalité (coordonnée et contraignante. En sus,elle doit mobiliser des mécanismes juridiques, aboutir à des compensations économiques, des actes de restitution, la reconnaissance symbolique et à des réformes institutionnelles
Le rôle des INDH
Les Institutnationales des Droits de l’homme ont un rôle central à jouer a souligné le professeur.à cet effet, elles doivent pleinement assumer ce défi, y compris :en documentant les crimes historiques au niveau national ; en offrant une expertise juridique indépendante dans les négociations
internationales ;en servant de pont entre les victimes collectives (peuples, communautés) et les institutions publiques et;en contribuant à sensibiliser les jeunes générations et à institutionnaliser la mémoire.
« Mais, pour que nous puissions remplir efficacement cette mission, il est impératif que les INDH fassent davantage pour s’imposer par la qualité de leurs travaux, de leurs interventions et en multipliant les interactions fécondes avec les partenaires pertinents. » a précisé le vice – président du RINADH
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