mai 16, 2026

Face à la recrudescence alarmante des violences et visant les femmes et les enfants, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) et la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) renforcent leur collaboration. Objectif : mettre en place une riposte coordonnée et durable contre ce fléau qui fragilise le tissu social.

 

C’est dans la salle de conférences du Minproff, le vendredi 10 avril 2026, que s’est tenue une rencontre stratégique entre la ministre Marie Thérèse Abena Ondoa et le Pr. James Mouangue Kobila, président de la CDHC. Pendant plus de deux heures, les échanges ont porté sur la montée inquiétante des féminicides, infanticides et autres formes de violences basées sur le genre à travers le pays.

Pour les deux responsables, le constat est sans appel : les réponses actuelles restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. D’où la nécessité d’une action concertée et immédiate.

  1. James Mouague Kobila , prèsident de la Cdhc

Prenant la parole, le Pr. James Mouangue Kobila a réaffirmé l’engagement de la CDHC à accompagner les efforts gouvernementaux. Il a notamment proposé une série de mesures concrètes visant à améliorer la protection des victimes et à responsabiliser les auteurs de violences.

Parmi les innovations annoncées figure la réorientation des mécanismes de conciliation de la Commission. Désormais, les procès-verbaux issus de ces conciliations mettront clairement en évidence les violations constatées, les responsabilités engagées et les droits bafoués.

Salle de conférence du Minprof.

Ces documents pourront être utilisés comme pièces exploitables devant les juridictions compétentes.
Autre mesure forte : la transmission systématique de ces procès-verbaux aux employeurs des personnes mises en cause. Une démarche qui vise à instaurer un suivi renforcé et à dissuader les comportements violents, y compris dans la sphère privée.

De son côté, la ministre Marie Thérèse Abena Ondoa a salué ces propositions, qu’elle considère comme un appui important aux actions déjà engagées par son département ministériel. Elle a également annoncé une avancée majeure : l’élaboration en cours d’un projet de loi spécifique sur les violences basées sur le genre (VBG).

Marie Thérèse Abena , Minproff

Ce texte, très attendu, devrait permettre de combler les lacunes juridiques existantes et de renforcer les sanctions contre les auteurs de violences. Il s’inscrit dans une volonté plus large de mieux protéger les femmes et les enfants, tout en facilitant l’accès à la justice pour les victimes.

Par ailleurs, la ministre a insisté sur l’importance de la sensibilisation communautaire. Elle a appelé les victimes et les témoins à rompre le silence, soulignant que l’omerta contribue à perpétuer ces violences.

La rencontre s’est conclue dans une atmosphère de convergence et d’engagement, matérialisée par un échange symbolique de présents entre les deux personnalités. Au-delà du protocole, cet acte traduit une volonté commune : faire de la protection des couches vulnérables une priorité nationale.

Avec un cadre législatif en cours de renforcement et une coopération institutionnelle accrue, les autorités camerounaises entendent désormais passer à une phase d’action plus offensive. L’espoir est de voir émerger, à terme, une société où femmes et enfants pourront vivre en toute sécurité, à l’abri de toute forme de violence.

Loading

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *