mars 8, 2026

C’est une opération conjointe entre les agents de la délégation départementale des Forêts et de la Faune du Djerem et la compagnie de gendarmerie de Tibati a permis l’arrestation, le 3 juillet dernier de deux présumés trafiquants en possession de près de 90 kilogrammes d’écailles de pangolin géant, une espèce totalement protégée au Cameroun.

Les deux hommes, interpellés à proximité de la gare routière de Tibati, tentaient de vendre leur cargaison dissimulée dans des sacs de céréales et des cartons. Ils avaient rejoint le lieu de transaction à bord d’une moto : l’un conduisait, l’autre maintenait deux sacs volumineux remplis d’écailles entre eux.

Les forces de l’ordre ont immédiatement saisi les sacs et la moto utilisée pour le transport. Selon les premières investigations, l’un des suspects est un commerçant de viande de brousse, l’autre un mécanicien connu pour son implication dans les réseaux de trafic de faune. Ensemble, ils auraient recrutés un réseau de braconniers opérant dans les villages autour de Tibati, chargés de collecter les écailles.
« Ce sont environ 35 pangolins géants qui ont été tués pour obtenir ce volume d’écailles », confie un agent forestier impliqué dans l’opération, sous couvert d’anonymat. Le butin devait être convoyé vers Ngaoundéré, selon les renseignements recueillis sur le terrain.

Si les récents rapports, notamment celui de la Wildlife Justice Commission, font état d’une baisse du trafic mondial des pangolins, les autorités locales restent vigilantes. Le directeur adjoint de l’ONG The Last Great Ape Organisation (LAGA), Tah Kaba Eric, qui a apporté une assistance technique à l’opération, prévient : « Il est vrai que l’intensité du commerce semble avoir diminué, peut-être en raison d’une baisse de la demande en Asie. Mais cela pourrait n’être qu’un camouflage.

Le commerce est peut-être simplement devenu plus clandestin, ce qui complique davantage le travail des forces de l’ordre. »
Le pangolin géant est classé comme espèce intégralement protégée au Cameroun. Depuis la loi de 2024 sur la faune, toute personne reconnue en possession d’écailles de pangolin est présumée avoir tué l’animal et encourt une peine de 15 à 20 ans de prison et/ou une amende allant de 20 à 50 millions de FCFA. Les deux individus arrêtés sont actuellement détenus à la prison de Tibati, en attendant la suite de la procédure judiciaire.

Le pangolin est considéré comme l’un des mammifères les plus braconnés au monde. Très prisées dans certaines médecines traditionnelles asiatiques, ses écailles sont également utilisées dans des pratiques ésotériques ou artisanales, bien que totalement interdites à la vente.

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