septembre 12, 2026

À Yaoundé, le 7 août 2026, une nouvelle génération d’adolescentes a officiellement rejoint le Groupe consultatif des adolescentes (AGAB) de l’UNICEF. Une initiative qui entend renforcer la voix des filles dans la conception et le suivi des politiques et programmes qui les concernent.

 

La parole aux adolescentes. C’est l’un des engagements portés par le Groupe consultatif des adolescentes (Adolescent Girls Advisory Board – AGAB) mis en place par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Le 7 août 2026 à Yaoundé, la deuxième cohorte de ce groupe consultatif a officiellement fait son entrée en lice, au cours d’une cérémonie qui a réuni les adolescentes des première et deuxième cohortes, leurs parents, des responsables des Nations unies ainsi que des représentants des pouvoirs publics.

Présidée en présence de la Représentante résidente de l’UNICEF au Cameroun et de la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, la rencontre a permis de mettre en lumière le rôle que les adolescentes peuvent jouer dans la transformation de leur environnement et, plus largement, dans le développement du pays.

Faire des adolescentes des actrices de leur avenir

Constitué de 12 adolescentes, l’AGAB se veut un espace d’expression, de dialogue et de participation. Le groupe œuvre notamment à la promotion des droits des filles, à l’éducation, à la santé, à la protection et à l’autonomisation des adolescentes.

Au-delà de la consultation, l’ambition est de permettre aux jeunes filles de contribuer concrètement à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des programmes et stratégies destinés à améliorer leurs conditions de vie.

Cette démarche répond à une réalité marquée par de nombreux défis. L’abandon scolaire demeure préoccupant : plus de trois filles sur cinq n’achèveraient pas le premier cycle du secondaire et près de huit sur dix n’atteindraient pas la fin du second cycle. À cela s’ajoutent les risques liés aux grossesses et mariages précoces, aux infections sexuellement transmissibles et au VIH, ainsi que l’exposition aux violences basées sur le genre, aux agressions sexuelles et aux différentes formes d’exploitation.

Les adolescentes sont également confrontées aux difficultés liées à l’inclusion des personnes vivant avec un handicap, aux effets du changement climatique et aux enjeux liés à l’utilisation du numérique.

« Nous voulons participer, proposer et innover »

Au nom de la deuxième cohorte, la porte-parole des adolescentes a appelé l’ensemble des acteurs à soutenir leur engagement : gouvernement, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile, parents, enseignants, leaders communautaires et religieux.

Elle a notamment défendu une participation plus importante des filles dans les décisions qui concernent leur avenir.

Unicef

« Nous ne voulons plus être consultées lorsque tout est décidé. Nous voulons participer, nous voulons proposer, nous voulons innover et contribuer activement au développement de notre pays. »

Pour les membres de l’AGAB, les priorités sont nombreuses : accès à une éducation de qualité, protection contre toutes les formes de violence, santé et bien-être, santé mentale, inclusion des enfants vivant avec un handicap, égalité entre filles et garçons, participation citoyenne, protection de l’environnement, lutte contre les changements climatiques et utilisation responsable du numérique.

La porte-parole a également insisté sur le potentiel des jeunes filles, rappelant que celles-ci disposent d’idées, de talents et de solutions susceptibles de contribuer au développement de leurs communautés.

Le MINPROFF réaffirme son accompagnement

Du côté du gouvernement, l’engagement est également affiché. Dans son allocution, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a souligné que la promotion des droits des filles, leur protection, leur autonomisation et leur participation au développement national constituent des priorités permanentes de l’action gouvernementale.

La ministre a réaffirmé la disponibilité de son département ministériel à accompagner la dynamique portée par l’AGAB, avec pour objectif de favoriser une meilleure prise en compte des recommandations formulées par les adolescentes dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques qui leur sont destinées.

Elle a, à cet effet, appelé à une mobilisation collective des administrations publiques, collectivités territoriales décentralisées, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile, leaders communautaires et religieux, familles, secteur privé et médias.

Une deuxième cohorte pour consolider la dynamique

Avec l’arrivée de cette deuxième cohorte, l’AGAB entend ainsi consolider une dynamique qui place les adolescentes au cœur des réflexions sur les politiques qui les concernent. L’enjeu est désormais de transformer leur participation en actions concrètes et en recommandations susceptibles d’influencer durablement les programmes en faveur des filles.

À travers cette initiative, l’UNICEF entend faire de la participation des adolescentes non plus un simple principe, mais un véritable levier d’action. Car donner la parole aux filles, c’est aussi leur permettre de prendre part aux décisions qui façonnent leur avenir et celui de leur communauté.

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