juillet 13, 2026

À l’occasion de la 6ᵉ édition de la Journée des Microentreprises et des Petites et Moyennes Entreprises (JMPME), célébrée le 29 juin 2026 à Yaoundé, le Gouvernement a réaffirmé sa volonté de faire des MPME le principal levier de la transformation locale et de l’industrialisation. En s’appuyant sur des statistiques encourageantes et une dynamique entrepreneuriale en pleine mutation, le ministre Achille BASSILEKIN III défend une conviction : l’avenir économique du Cameroun dépendra de sa capacité à transformer sur place ce qu’il produit.

 

 

Le choix du thème « De la matière première au produit fini : les MPME au cœur de la transformation » dépasse largement le cadre d’une célébration annuelle. Il traduit une orientation stratégique qui place désormais les micro, petites et moyennes entreprises au centre des politiques publiques visant à accélérer la transformation structurelle de l’économie camerounaise.
Présidant la cérémonie officielle d’ouverture de la 6ᵉ édition de la Journée des MPME, le Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat, Achille BASSILEKIN III, a rappelé que l’industrialisation du Cameroun ne pourra être durable que si les richesses produites localement cessent d’être exportées sous forme de matières premières. Pour le membre du Gouvernement, la création de valeur passe désormais par la transformation locale, un domaine dans lequel les MPME sont appelées à jouer un rôle déterminant.

Une mutation progressive du tissu entrepreneurial

Le constat dressé par le ministre repose sur des données concrètes. Les statistiques arrêtées au 31 décembre 2025, produites par le Ministère des PMEESA avec l’appui de l’Institut National de la Statistique, montrent une progression régulière des créations de micro, petites et moyennes entreprises dans le secteur secondaire, notamment dans les activités de transformation.
Cette évolution est perçue comme un signal encourageant. Longtemps concentré sur les activités commerciales ou de services, l’entrepreneuriat camerounais semble progressivement investir les secteurs productifs, où se crée l’essentiel de la valeur ajoutée industrielle.

 

Le Ministre des PME

Pour Achille BASSILEKIN III, cette tendance confirme que les politiques publiques commencent à produire leurs effets. « Il faut montrer la place pleine et entière des micro, petites et moyennes entreprises dans la réalisation de l’agenda de la transformation locale de nos produits, ensuite de la transformation structurelle de notre économie, et dans la mise en œuvre réussie de la politique nationale d’import-substitution », a-t-il déclaré.

Créer davantage de richesse au Cameroun

Au-delà de la seule augmentation du nombre d’entreprises, le Gouvernement ambitionne surtout de modifier en profondeur le modèle économique national. Aujourd’hui encore, une part importante des ressources agricoles, forestières ou minières quitte le territoire sans transformation significative, limitant les retombées économiques pour le pays.
La stratégie défendue par le Ministère consiste à développer des chaînes de valeur locales capables de transformer ces matières premières en produits finis. Cette approche devrait permettre d’augmenter la valeur ajoutée manufacturière, d’améliorer la balance commerciale, de réduire les importations de produits manufacturés et de créer davantage d’emplois qualifiés.
Le ministre estime également que cette montée en puissance des entreprises de transformation favorisera l’intégration du Cameroun dans les chaînes de valeur régionales et continentales, tout en renforçant la compétitivité du « Made in Cameroon ».

Un écosystème à consolider

Cette ambition ne pourra cependant se concrétiser sans un environnement favorable aux entrepreneurs. C’est pourquoi le Gouvernement mise sur une mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’écosystème entrepreneurial : administrations publiques, institutions financières, chambres consulaires, universités, centres de recherche, incubateurs, organisations patronales et partenaires techniques au développement.

Cette volonté de bâtir un partenariat élargi a été saluée par la Représentante résidente de l’UNICEF au Cameroun, représentant le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies. Dans son intervention, elle a insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap, qui constituent une part importante des promoteurs des petites entreprises de transformation. Elle a notamment plaidé pour un meilleur accès aux technologies, aux marchés, aux financements et aux mécanismes d’accompagnement.
Le ministre a, pour sa part, salué la qualité de la coopération entre son département ministériel et les agences des Nations Unies, qu’il considère comme un partenaire stratégique dans la mise en œuvre des politiques publiques en faveur des MPME.

Une ambition au-delà de la célébration

Conférences thématiques, foire-exposition, rencontres d’affaires B2B et visite d’une unité de transformation ont rythmé cette édition 2026 de la Journée des MPME. Mais derrière ces activités se dessine une ambition plus large : accélérer la transition vers une économie davantage fondée sur la production, la transformation et la création de valeur.
Le message délivré par le Ministre est sans équivoque. Les micro, petites et moyennes entreprises ne sont plus considérées comme de simples acteurs périphériques de l’économie nationale. Elles sont désormais appelées à devenir les principaux artisans de l’industrialisation, de la création d’emplois et de la souveraineté économique du Cameroun.

À travers cette nouvelle orientation, le Gouvernement entend faire de la transformation locale non seulement un impératif économique, mais également un véritable projet de développement national. Si les tendances observées ces dernières années se confirment, les MPME pourraient bien devenir le maillon essentiel d’une économie camerounaise plus résiliente, plus compétitive et davantage créatrice de richesses. La transformation des matières premières n’apparaît plus seulement comme un objectif industriel : elle s’impose désormais comme le chemin privilégié vers une croissance durable et inclusive.

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