octobre 11, 2026

À l’occasion de la 7ᵉ édition de la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, célébrée ce 9 septembre 2026, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les menaces qui pèsent sur le système éducatif dans les zones affectées par les conflits et l’insécurité.

 

Placée sous le thème « L’éducation peut-elle survivre aux attaques ? La résilience des communautés humaines », cette journée met en lumière la capacité des communautés touchées par les violences à maintenir l’accès à l’éducation et à reconstruire leur tissu social.

Dans sa déclaration, la CDHC rappelle que l’éducation constitue un droit fondamental et un élément essentiel à la dignité humaine, à la stabilité et au développement des nations. L’institution déplore cependant la persistance des attaques et exactions commises par des groupes armés non étatiques et des groupes terroristes contre les apprenants, les enseignants, le personnel éducatif ainsi que les infrastructures scolaires.

Les Régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest restent particulièrement concernées par cette situation. Pour la Commission, la protection des établissements scolaires et de leurs occupants demeure un défi majeur, notamment dans la mise en œuvre de la Résolution 2601 (2021) du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui appelle à préserver le caractère civil des écoles et à les protéger contre les attaques et leur utilisation à des fins militaires.

L’économie de la terreur dénoncée

La CDHC met également en évidence la persistance des enlèvements visant le personnel éducatif. Entre le 10 septembre 2025 et le 8 septembre 2026, l’institution fait état d’au moins quatre épisodes d’enlèvements ayant concerné neuf membres du personnel éducatif, avec des demandes de rançon cumulées dépassant 77 millions de FCFA.

Face à cette situation, la Commission appelle à une action plus soutenue de l’ensemble des acteurs concernés. Elle recommande notamment au Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR) de renforcer les opérations d’information, de sensibilisation et d’accompagnement en direction des membres des groupes armés susceptibles de renoncer à la violence.

L’objectif est de favoriser le dépôt volontaire des armes, la démobilisation ainsi que la réintégration sociale et économique des ex-combattants, en coordination avec les administrations compétentes et dans le respect des impératifs de sécurité et de justice.

Appel à la fin des attaques

La CDHC adresse également un appel direct aux membres des groupes terroristes sécessionnistes et de Boko Haram. Elle les exhorte à mettre immédiatement fin aux violences, menaces et agressions contre les enseignants, les apprenants et les Forces de défense et de sécurité.

L’institution les invite par ailleurs à s’abstenir de toute destruction d’infrastructures éducatives et à déposer les armes afin de rejoindre les centres du CNDDR. Ces dispositifs, rappelle-t-elle, offrent des possibilités de resocialisation, de formation professionnelle et de réinsertion économique.

À travers cette déclaration, la CDHC entend ainsi replacer la protection de l’éducation au cœur des priorités nationales, estimant que la résilience des communautés passe nécessairement par la capacité à garantir aux enfants et aux jeunes un accès continu à l’apprentissage, même dans les contextes marqués par les conflits et l’insécurité.

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