mai 16, 2026

Une nouvelle dynamique se dessine dans la lutte contre l’insécurité alimentaire en Afrique.Réunis le 14 avril 2026 à Yaoundé, les responsables de Union africaine, de la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun (Capef) et plusieurs acteurs du monde rural ont engagé une réflexion stratégique pour renforcer l’autosuffisance alimentaire sur le continent.

 

Cette rencontre, organisée dans le cadre de la visite de travail de Mahamat Haroun Adoum, vice-président du Conseil économique, social et culturel de l’UA, a permis de poser les bases d’un instrument inédit : le Réseau panafricain de lutte contre l’insécurité alimentaire et environnementale (Rpliae). Pensé comme une plateforme de coordination, ce réseau vise à fédérer les initiatives agricoles et à impulser des solutions durables face aux défis climatiques et structurels
Pour les responsables camerounais, l’urgence est réelle.

Entre baisse de la production, accès limité aux intrants et faible mécanisation, les producteurs font face à des contraintes persistantes. « La sécurité alimentaire est désormais un impératif stratégique », a souligné le président de la Capef, appelant à une mobilisation collective à l’échelle du continent.

Salle de conférence de la Capef

Dans cette optique, le Cameroun ambitionne de jouer un rôle central. La Capef a proposé d’abriter le secrétariat permanent du Rpliae, avec pour point d’ancrage l’École pratique d’agriculture de Binguela, appelée à devenir un centre d’excellence panafricain. Une initiative qui traduit la volonté du pays de s’imposer comme un pôle de référence en matière de formation agricole et d’innovation.

De son côté, Mahamat Haroun Adoum a alerté sur l’ampleur du défi, rappelant qu’une proportion significative de la population africaine reste exposée à une insécurité alimentaire préoccupante.

Prèsident de la Capef

Le Rpliae, a-t-il indiqué, ambitionne de promouvoir une agriculture durable capable de garantir à tous un accès à une alimentation suffisante et de qualité.
Au-delà des ambitions institutionnelles, les échanges ont mis en avant des priorités concrètes : renforcement des capacités des producteurs, développement de projets structurants, accès aux financements et promotion de l’entrepreneuriat agricole, notamment chez les jeunes. Les organisations paysannes ont, pour leur part, insisté sur la nécessité d’une meilleure inclusion dans l’élaboration des politiques publiques.

À l’issue des travaux, les participants ont convenu d’accélérer la mise en place du réseau au Cameroun et de consolider les synergies avec les partenaires régionaux. Une avancée significative dans la construction d’une réponse africaine coordonnée face à un défi devenu à la fois économique, social et stratégique.

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