juin 17, 2026

Table des experts

À quelques jours de la célébration de la 5ᵉ édition de la Journée Internationale de la Santé des Végétaux, prévue le 12 mai 2026, le Cameroun intensifie sa mobilisation pour protéger son agriculture contre les menaces phytosanitaires.

Réunis le 8 mai à Yaoundé à l’initiative du ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader), experts, partenaires techniques, organisations internationales et acteurs du monde rural ont réfléchi aux stratégies capables de préserver les cultures et de garantir la sécurité alimentaire nationale.
Placée sous le thème « La biosécurité végétale au service de la sécurité alimentaire », cette rencontre a permis d’évaluer les dangers qui compromettent la production agricole, notamment les ravageurs, les maladies des plantes, les échanges non contrôlés de semences ainsi que les effets du changement climatique.

Pour les participants, la protection de la santé des végétaux constitue désormais un enjeu majeur pour assurer une agriculture durable et renforcer la résilience alimentaire du pays.
Prenant la parole au cours des travaux, le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, Gabriel Mbaïrobe, a rappelé que la sécurité alimentaire dépend directement de la capacité du Cameroun à sécuriser ses productions agricoles. Il a souligné que les organismes nuisibles et les maladies transfrontalières représentent aujourd’hui de graves menaces pour les exploitations agricoles et l’économie rurale.

Table des experts

Afin de limiter ces risques, le Minader a mis en place plusieurs mécanismes de contrôle.

Le gouvernement s’appuie notamment sur un réseau de 52 postes de police phytosanitaire déployés aux frontières pour surveiller l’entrée des végétaux et empêcher l’introduction de parasites dangereux. À cela s’ajoutent des mesures de quarantaine destinées à freiner toute propagation éventuelle de maladies, ainsi qu’un système d’analyse des risques phytosanitaires avant l’importation de semences ou de produits agricoles.

La question des semences a occupé une place importante au cours des échanges. Le représentant de l’Institut international d’agriculture tropicale, Dr Komi K. Kouma, a insisté sur le rôle déterminant des semences dans la sécurité sanitaire des cultures. Selon lui, une semence infectée peut rapidement devenir un vecteur de propagation de maladies capables d’affecter des régions entières.

L’expert a notamment cité plusieurs menaces préoccupantes, parmi lesquelles la maladie létale du maïs observée en Afrique de l’Est ou encore le virus du sommet touffu du bananier déjà signalé aux frontières camerounaises. Il a appelé à un contrôle plus strict des échanges nationaux et internationaux afin de prévenir l’introduction de pathogènes difficiles à éradiquer.

La représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a, pour sa part, insisté sur la nécessité de renforcer les capacités techniques, humaines et financières des structures de surveillance phytosanitaire. Face aux défis liés à la mondialisation et aux changements climatiques, elle a recommandé une certification rigoureuse des semences, des contrôles renforcés aux frontières et des analyses systématiques en laboratoire.

Les experts ont également attiré l’attention sur plusieurs maladies encore absentes du territoire camerounais mais considérées comme particulièrement dangereuses, notamment la striure brune du manioc, le Fusarium TR4 du bananier et la nécrose létale du maïs.

Au terme des travaux, les participants ont lancé un appel à la mobilisation collective pour préserver la biodiversité agricole et garantir durablement la sécurité alimentaire du Cameroun.

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