juillet 13, 2026

Yaoundé a accueilli, ce 16 juin, la célébration de la 50e édition de la Journée de l’enfant africain à l’Hôtel Mont Fébé. Organisée sous l’égide de la Commission des droits de l’Homme du Cameroun (CDHC), cette commémoration a été l’occasion de dresser un état des lieux préoccupant de la situation des enfants dans le pays, tout en renouvelant les appels en faveur d’une meilleure protection de leurs droits.

 

Placée sous le signe de la réflexion et de l’engagement, la cérémonie a réuni des enfants venus de plusieurs régions du Cameroun, des représentants des institutions publiques, des partenaires internationaux ainsi que des acteurs de la société civile impliqués dans la promotion des droits de l’enfant. Tous ont convergé vers un même constat : malgré les avancées enregistrées au fil des années, de nombreux enfants continuent de faire face à des violences, à l’exclusion et à diverses formes de discrimination.

L’un des temps forts de la rencontre a été l’intervention de Fadimatou Aboubacar, porte-parole des enfants présents. Dans un discours empreint d’émotion, elle a rappelé que cette journée trouve son origine dans le soulèvement des élèves de Soweto, en Afrique du Sud, le 16 juin 1976, lorsqu’ils ont manifesté pour réclamer un accès équitable à l’éducation. Cinquante ans plus tard, a-t-elle souligné, les défis restent nombreux pour les enfants africains.

La jeune intervenante a notamment évoqué les difficultés d’accès à l’éducation, les violences basées sur le genre, les mutilations génitales féminines et les agressions sexuelles dont sont encore victimes plusieurs enfants. Elle a également plaidé pour des contenus éducatifs davantage adaptés aux réalités africaines. « Nous voulons grandir dans un environnement sûr et avoir accès à une éducation de qualité », a-t-elle insisté devant une assistance attentive.

La question des violences faites aux enfants a occupé une place centrale au cours de la célébration. Afin de sensibiliser le public, le clip de la chanson « Ta fille n’est pas ta femme » du groupe X Maleya a été projeté. Le message, porté contre les abus sexuels sur mineures, a trouvé un écho particulier auprès des participants.
L’émotion a atteint son paroxysme avec le témoignage de la mère du jeune Mathis, tué en mai 2025 dans le quartier Ngoa-Ekellé à Yaoundé. Face à l’assistance, elle a relaté la douleur de sa famille et appelé à une mobilisation plus forte contre toutes les formes de violences qui menacent les enfants. Son intervention a rappelé la réalité parfois tragique à laquelle sont confrontées certaines familles camerounaises.

Les représentants de l’UNICEF et du Système des Nations unies au Cameroun ont, pour leur part, réaffirmé leur engagement aux côtés des autorités nationales dans la lutte contre les atteintes aux droits de l’enfant. Ils ont insisté sur la nécessité d’actions concertées impliquant les pouvoirs publics, les communautés, les familles et les partenaires au développement.

Dans son discours de circonstance, le président de la Commission des droits de l’Homme du Cameroun, le Pr James Mouangue Kobila, a rappelé la portée historique de cette journée. Selon lui, la commémoration de la Journée de l’enfant africain ne doit pas se limiter à un simple hommage aux enfants de Soweto, mais constituer un véritable levier d’action pour améliorer les conditions de vie des jeunes générations.

Le responsable de la CDHC a également présenté des chiffres révélateurs de la persistance des violations des droits de l’enfant au Cameroun. Les données de l’institution montrent une augmentation notable des cas documentés, passés de 59 en 2021 à 151 en 2024. Ces violations concernent notamment les violences physiques et sexuelles, les enlèvements, le trafic d’enfants, les infanticides ainsi que les obstacles à l’accès à l’éducation.

Au terme de cette célébration marquant le cinquantenaire de la Journée de l’enfant africain, les participants ont lancé un appel collectif à une prise de conscience nationale. Tous ont souligné que la protection de l’enfance demeure une responsabilité partagée et qu’il est indispensable de renforcer les mécanismes de prévention, de prise en charge et de sanction afin de garantir à chaque enfant un avenir sûr, digne et porteur d’espoir.

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