janvier 16, 2026

 

La Direction de la santé familiale (DSF) a réuni à Yaoundé, vendredi 14 novembre 2025, une trentaine de journalistes. Objectif : aborder les enjeux et défis de la prématurité au Cameroun. Ce café-médias a mis l’accent sur l’importance du Soin mère-Kangourou et le rôle des médias dans sa vulgarisation.

 

En 2024 au Cameroun, environ 40% des décès des nouveaux nés ont été causé par les complications liées à la prématurité. Selon l’Unicef, elle contribue à accroître le taux de mortalité néonatale dans le pays. La difficulté ne réside pas uniquement dans les protocoles de soins complexes et coûteux, mais dans la vulgarisation de méthodes simples, efficaces et accessibles à tous, y compris dans les localités retirées.

Des communications didactiques
Au cours de la rencontre du 14 novembre à l’hôtel Djeuga à Yaoundé, les experts de la santé maternelle et infantile, sous la coordination de Dr Ebongo Zacheus Nanje, directeur de la santé familiale, ont insisté sur le fait qu’une communication inadaptée ou alarmiste peut décourager les parents. Ce briefing se doit alors de corriger cette approche médiatique.

Les communications, qui ont couvert plusieurs thèmes utiles -de la prévention par le Pr Eric Kwabong aux conséquences par le Pr Evelyn Mah, en passant par la Méthode mère-Kangourou présentée par le Dr Paule Serge Kana (sans oublier le retour d’expérience du Dr Patrick Ngou)- ont permis aux journalistes d’acquérir de nouvelles pratiques. Ainsi ont-ils appris à:

Utiliser un vocabulaire médical précis dans le traitement des sujets liés à la prématurité, pour éviter la confusion ou le sensationnalisme
Mettre en avant les succès et les protocoles éprouvés, tels que la méthode mère-Kangourou, plutôt que de se concentrer uniquement sur les drames
Soin mère-Kangourou : une solution plus qu’économique
« C’est une méthode à encourager, étant donné qu’elle réduit énormément les dépenses », pense Kimeng Hilton, journaliste travaillant pour Cameroon-Tribune. Pour avoir déjà vécu les souffrances d’un couple ayant mis au monde des jumeaux prématurité, il estime que les histoires à raconter dans les organes de presse doivent tourner autour des soins mère-Kangourou, qui regorge « tellement d’avantages ».

Pas moins de 25 journalistes ont pris part au Café-médias du 14 novembre à Yaoundé, sur la prématurité.
Cette technique, consistant à maintenir un contact peau-à-peau constant entre le nouveau-né et l’un des parents, a été officiellement désignée comme une priorité par le ministère de la Santé publique. A en croire Dr Kana, pédiatre en service à la Fondation Chantal Biya, le soin mère-Kangourou est reconnu mondialement pour sa capacité à stabiliser la température, réguler la respiration et favoriser l’allaitement maternel exclusif. Cette méthode « réduit les complications des bébés prématurés », et par ricochet, la mortalité néonatale. Aussi, apparaît-elle comme une solution immédiate, là où les couveuses et l’équipement de haute technologie font défaut.

Une norme à vulgariser
La diffusion d’un film documentaire sur le succès de la pratique de cette méthode dans la région de l’Est, ajoutée aux témoignages émouvants des mamans ayant bravée les déboires de l’entretien de leurs bébés nés prématurés, confirment l’affirmation ci-dessus. L’urgence d’intégration du soin mère-Kangourou dans le discours public comme une norme et non comme une simple anecdote, semble s’imposer automatiquement.

Faire de chaque naissance prématuré,

la journée mondiale de la prématurité sera célébrée le 17 du même mois, sous le thème: « offrir aux bébés prématurés un bon départ pour un avenir meilleur ».

Au-delà des soins mère-Kangourou, « la prise en charge des prématurés est une affaire de tous », explique le pédiatre à l’hôpital général de Yaoundé, Dr Patrick Ngou, dans l’extrait sonore ci-dessus.
Arnaud Ke

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