août 12, 2026

Le Cameroun a officiellement lancé, mercredi à Yaoundé, le projet de renforcement des capacités nationales en matière de prévention, de préparation et de réponse aux pandémies selon l’approche « Une seule santé » (One Health). Cette initiative, financée dans le cadre du Pandemic Fund, marque une étape majeure dans la consolidation de la sécurité sanitaire du pays, en tirant les leçons des crises liées à la Covid-19, au choléra, à la variole du singe et aux fièvres hémorragiques.

 

 

La cérémonie de lancement a été présidée par le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des représentants des ministères sectoriels, ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, la FAO, l’UNICEF, la Banque africaine de développement (BAD) et d’autres acteurs engagés dans le renforcement du système de santé camerounais.

Pour le ministre de la Santé publique, la préparation constitue le meilleur rempart contre les épidémies. « Un pays préparé, disposant de laboratoires performants, de personnels qualifiés et d’administrations bien organisées, est un pays capable de faire face efficacement à une urgence sanitaire », a-t-il déclaré.

Plus de 92 milliards de FCFA mobilisés

Le projet bénéficiera d’un investissement global de 92,2 milliards de FCFA sur la période 2026-2029. Ce financement comprend 13,3 milliards de FCFA apportés par le Pandemic Fund, plus de 64 milliards de FCFA de cofinancement mobilisés auprès des partenaires et 13,8 milliards de FCFA de contribution de l’État du Cameroun.

Les ressources seront mises en œuvre avec l’appui de trois partenaires d’exécution : la Banque mondiale, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), qui accompagneront les différents ministères concernés dans l’exécution des activités.

Une approche intégrée « Une seule santé »

Présent dans 128 pays, le Pandemic Fund soutient au Cameroun un projet fondé sur l’approche « Une seule santé », qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. Les interventions couvriront les dix régions du pays avec une attention particulière accordée à 42 districts de santé prioritaires.

Le projet vise notamment à améliorer la surveillance des maladies, renforcer les systèmes d’alerte précoce, développer les capacités des laboratoires, former les personnels de santé, améliorer la coordination des urgences sanitaires et consolider les mécanismes de mobilisation des ressources.

Des résultats concrets attendus

Au terme de sa mise en œuvre, plusieurs avancées majeures sont attendues. Le Cameroun prévoit notamment l’équipement de 36 structures de surveillance épidémiologique et vétérinaire aux principaux points d’entrée du territoire afin de renforcer la détection précoce des menaces sanitaires.

Le programme permettra également de renforcer 42 sites sentinelles de surveillance de la résistance aux antimicrobiens, d’acquérir des serveurs destinés à héberger localement les données sanitaires et à garantir l’interopérabilité des différents systèmes nationaux de surveillance.

Par ailleurs, cinq modèles de prédiction des urgences sanitaires seront développés afin d’améliorer l’anticipation des risques épidémiques.

Le volet laboratoire constitue également un pilier essentiel du projet. Il prévoit la mise aux normes internationales de trois laboratoires multisectoriels de référence, le renforcement de cinq laboratoires centraux avec l’appui de l’OMS et de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), ainsi que la modernisation de cinquante laboratoires multisectoriels répartis sur le territoire national.

Une riposte plus rapide aux épidémies

À travers ce programme, le Cameroun entend s’aligner sur la cible internationale « 7-1-7 », qui préconise la détection d’une flambée épidémique en sept jours, sa notification aux autorités compétentes dans un délai d’un jour, puis le déploiement des premières mesures efficaces de riposte dans les sept jours suivants.

Créé en 2022 à la suite de la pandémie de Covid-19, le Pandemic Fund a pour mission d’aider les États à combler les insuffisances révélées par les précédentes crises sanitaires et à bâtir des systèmes de santé plus résilients.

Avec ce nouvel investissement, le Cameroun ambitionne désormais de détecter plus rapidement les menaces sanitaires, de mieux coordonner les interventions multisectorielles et de répondre avec davantage d’efficacité aux futures épidémies, afin de protéger durablement les populations et de renforcer la sécurité sanitaire nationale

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