octobre 25, 2026

À l’occasion de la 38ᵉ Journée mondiale de lutte contre la poliomyélite, célébrée le 24 octobre 2026, les acteurs de la vaccination et des personnalités du sport se mobilisent pour consolider les acquis et protéger chaque enfant contre cette maladie invalidante.

 

Le Cameroun poursuit ses efforts dans la lutte contre la poliomyélite. Longtemps redoutée pour ses conséquences irréversibles sur la santé des enfants, cette maladie virale fait aujourd’hui l’objet d’une riposte renforcée, portée par la vaccination, la sensibilisation des communautés et la surveillance épidémiologique. Selon le secrétaire permanent du Programme élargi de vaccination (PEV), le Dr Shalom Tchockfé Ndoula, le pays est passé de 333 cas par an à zéro cas actuellement, une évolution qui témoigne des progrès accomplis dans la prévention de cette maladie.

Cependant, ces avancées ne signifient pas que la vigilance doit faiblir. À l’occasion de la 38ᵉ Journée mondiale de lutte contre la poliomyélite, les acteurs engagés dans cette bataille rappellent que l’éradication durable de la maladie dépend de la continuité des efforts de vaccination et de l’adhésion des familles.

La vaccination, pilier de la prévention

Derrière les progrès enregistrés se trouvent des professionnels de santé qui, depuis plusieurs décennies, œuvrent quotidiennement à la protection des enfants. Brigitte Leumen, 58 ans, en est une illustration. Forte de plus de 30 années d’expérience dans la vaccination, elle a consacré une grande partie de sa carrière à prévenir les maladies évitables et à convaincre les parents de l’importance de protéger leurs enfants.

En marge des activités organisées à Yaoundé le vendredi 23 octobre 2026, à la veille de la Journée mondiale, cette professionnelle de santé a reçu une médaille d’or décernée par l’UNICEF, en reconnaissance de son engagement.

« Dans les années 1988, il y avait beaucoup d’enfants paralysés, des adultes avec des séquelles. Mais dans le cadre de ma profession, 30 ans plus tard, je me rends compte qu’il n’y a plus de cas de polio comme avant. Que s’est-il passé ? Eh bien, c’est la vaccination », témoigne-t-elle avec émotion.

Pour Brigitte Leumen et ses collègues, la prévention commence dès les premiers jours de la vie. L’administration des doses prévues dans le calendrier vaccinal permet de renforcer progressivement la protection des enfants contre la maladie. Malgré les réticences rencontrées dans certaines familles, les agents de santé poursuivent leur travail de proximité afin de rassurer les parents et de déconstruire les idées reçues sur la vaccination.

Les chiffres disponibles illustrent toutefois les défis qui persistent. La couverture vaccinale est estimée à 81 % pour la première dose et à 71 % pour la deuxième. Ces niveaux soulignent la nécessité de renforcer davantage l’accès aux vaccins et de poursuivre les efforts de sensibilisation afin qu’aucun enfant ne soit laissé de côté.

Les footballeuses entrent dans la bataille

La lutte contre la poliomyélite ne repose pas uniquement sur les professionnels de santé. Elle mobilise également des personnalités capables de porter le message de prévention auprès du grand public.

C’est dans cette perspective que les footballeuses Ajara Nchout Njoya, Ange Gabrielle Bawou et Doudou Ousmanou se sont engagées dans l’initiative « Kick Out Polio », en rejoignant le mouvement « Team End Polio ».

À travers leur notoriété et leur proximité avec les jeunes, ces sportives entendent encourager les familles à faire vacciner leurs enfants et contribuer à la lutte contre la désinformation autour des vaccins.

Pour Ajara Nchout Njoya, l’objectif est de multiplier les relais de sensibilisation au sein des communautés. Elle souhaite notamment voir chaque citoyen encourager son entourage à adopter les bons réflexes en matière de vaccination. Même engagement du côté de Doudou Ousmanou, qui entend mettre sa visibilité au service de la protection de l’enfance.

« Au-delà du football, nous voulons aussi mettre notre voix au service des enfants. En sensibilisant les familles à l’importance de la vaccination, nous pouvons contribuer à protéger davantage d’enfants, au Cameroun et dans toute l’Afrique, contre la poliomyélite et d’autres maladies évitables par la vaccination », affirme-t-elle.

Cette mobilisation traduit une conviction partagée par les acteurs de la campagne : la protection des enfants nécessite une action collective associant les pouvoirs publics, les professionnels de santé, les partenaires techniques et financiers, les sportifs et les communautés.

Une maladie évitable, mais toujours dangereuse

Le Dr Shalom Tchockfé Ndoula rappelle que la poliomyélite demeure une maladie virale particulièrement dangereuse. Très contagieux, le poliovirus peut provoquer des paralysies irréversibles, principalement chez les enfants, et entraîner la mort dans les formes les plus graves.

La transmission s’effectue principalement par voie féco-orale, notamment à travers l’eau ou les aliments contaminés et les mains souillées. En l’absence de traitement curatif spécifique permettant de réparer les lésions neurologiques causées par le virus, la vaccination reste le principal moyen de prévention.

Les progrès enregistrés au Cameroun constituent donc un acquis à préserver. Pour éviter une résurgence de la maladie, les autorités sanitaires doivent maintenir une couverture vaccinale élevée, renforcer la détection des éventuels cas et assurer une réponse rapide face à toute menace épidémique.

Une semaine d’activités pour maintenir la mobilisation

Du 19 au 25 octobre 2026, plusieurs activités ont été programmées au Cameroun dans le cadre de cette commémoration. Au menu : des campagnes de sensibilisation, une marche sportive à Yaoundé, des opérations de rattrapage vaccinal et le renforcement de la surveillance épidémiologique.

Ces initiatives visent à toucher davantage de familles, à favoriser le dialogue avec les communautés et à encourager la participation des jeunes à la protection de la santé publique.

Placée sous le thème « Un investissement, des bénéfices multiples », cette 38ᵉ édition rappelle que la lutte contre la poliomyélite produit des effets qui dépassent la seule prévention de cette maladie. Elle contribue également au renforcement de la vaccination de routine et des capacités de réponse aux épidémies.

Si le passage de 333 cas annuels à zéro cas, annoncé par le responsable du PEV, marque une étape importante, le défi reste celui de la pérennisation de ces résultats. Car, tant que la poliomyélite persiste dans certaines régions du monde, la vigilance demeure indispensable.

Protéger chaque enfant par la vaccination reste ainsi une responsabilité collective et un impératif de santé publique.

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